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La loge Hanouka de Paris a rencontré le linguiste Mohamed Elmedlaoui lors de son voyage au Maroc

  • 10 juil. 2023
  • 2 min de lecture

Au cours de son voyage au Maroc du 7 au 14 juin 2023, la loge Hanouka, sous la direction de son président Shlomo Malka, a rencontré Mohamed Elmedlaoui, qui était intervenu dans le cadre du colloque organisé le 15 novembre 2022 à l’UNESCO par Stéphane Teicher, dans le cadre du B’nai B’rith International : « L’hébreu, un trésor du patrimoine humain, passé, présent et futur ». Stéphane Teicher a présenté Mohamed Elmedlaoui, linguiste arabisant, berbérisant et hébraïsant, Docteur en linguistique à l’Université de Paris-8, Docteur en linguistique au département de Langue et Littérature Françaises à l’Université Mohammed-V-Agdal de Rabat, collaborateur du CNRS, auteur de neuf livres et d’une centaine d’articles académiques. Shlomo Malka a souligné que la connaissance des langues favorise le rapprochement entre les peuples et que la constitution marocaine admet désormais la pluralité des courants qui constituent le pays, Arabes, Berbères Amazighs, Juifs. Mohamed Elmedlaoui a exposé l’importance des interférences culturelles juives et musulmanes au Maroc, notamment dans le folklore et les légendes. Ayant découvert l’hébreu à l’âge de 13 ans, il le choisit comme 3ème langue lors de ses études universitaires à Fès. A l’époque de la guerre des 6 jours qui suscite l’exode des Juifs en 1973, il se constitue une bibliothèque, apprend l’hébreu en autodidacte en faisant des rapprochements entre l’hébreu et l’arabe. Quelques années plus tard, il traduit Gabirel Ben Shimhon, écrivain israélien né au Maroc, auteur de littérature marocaine d’expression hébraïque. Il évoque d’autres enseignants qui ont pu acquérir des bases d’hébreu et sont allés en France, comme Haim Zafrani qui a dirigé un département universitaire d’hébreu à Paris VIII et qui a veillé à la formation de toute une génération de marocains devenus des enseignants de l’hébreu au Maroc. Concernant le statut de l’hébreu au Maroc, le pays compte au moins quatre traducteurs de l’hébreu, des traductions se font à présent de la littérature moderne. Avant 2003, l’hébreu était une langue orientale que la plupart des étudiants choisissaient. Depuis 2003, l’hébreu n’a plus ce statut. C’est seulement par les formations doctorales qu’un enseignant peut proposer telle ou telle formation. Cela alors que la constitution de 2011 souligne dans son préambule que l’identité marocaine est plurielle et irréfragable et cite parmi ses composants l’affluent hébraïque. L’enseignement de l’hébreu n’est proposé actuellement que dans l’enseignement privé, par exemple pour les guides, avec le développement du tourisme israélien. Mohamed Elmedlaoui a également mis en exergue plusieurs interférences culturelles, dont un volume de trois tomes en arabe marocain expliquant des passages de la Bible, écrit en caractères hébreux, des recueils de milliers proverbes de juifs marocains, ou la musique, comme ahwach, danse berbère jouée en Israël jusqu’aux années 2000 reproduite rituellement en costume de l’Atlas.

 
 
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