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Analyse : « L’éthique juive face à la barbarie »

4h
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Le samedi 17 octobre 2026, la France a connu des violences graves en marge de mobilisations : affrontements, dégradations et attaques contre des lieux publics. Parler de violences à caractère insurrectionnel peut décrire leur intensité et certaines actions dirigées contre les institutions, qui ont été pillées, saccagées, voire détruites. La répression a été mise en défaut.

Ces événements nous rappellent une exigence républicaine essentielle : la contestation est un droit, la violence n’est pas un projet de société. Une démocratie doit permettre le désaccord, la colère et la revendication, tout en protégeant les personnes, les biens communs et les institutions qui rendent possible la vie collective.

Aucune cause, aussi légitime soit-elle, ne justifie la violence insurrectionnelle. Lorsque la rue prétend faire la loi, c’est la liberté de tous qui recule. Et lorsque ces violences visent, directement ou indirectement, des personnes dont la police qui nous protège au prix de sa vie, elles nous concernent tous.

Les valeurs du judaïsme offrent, à cet égard, des repères profondément actuels. La tradition juive place au cœur de son enseignement la dignité de chaque être humain, la recherche de justice et la responsabilité envers autrui. Et l’injonction biblique « Recherche la paix et poursuis-la » invite non pas à détourner le regard des injustices, mais à les combattre sans renoncer à l’humanité. Les valeurs juives invitent à la responsabilité : « Ne te tiens pas passif devant le sang de ton prochain » (Lévitique 19, 16). Se taire face à la haine, c’est lui laisser le terrain.

Ces valeurs rejoignent celles de la République : la liberté de conscience, l’égalité, la fraternité, et la neutralité de l’État qui garantit à chacun de croire ou de ne pas croire en sécurité. La laïcité n’est pas un bouclier contre les religions, mais la condition de leur coexistence pacifique.

Cette aspiration à la paix n’est ni passivité ni silence. Elle demande du courage : celui de dénoncer les abus, de défendre les libertés, de protéger les personnes menacées et de refuser que la haine ou la destruction deviennent des réponses ordinaires au conflit. La justice et la paix ne s’opposent pas : elles se construisent ensemble.

En ces temps de tension, gardons-nous aussi des récits qui attisent la peur. Vérifier les faits, distinguer les responsabilités et ne pas relayer les appels à la haine sont des gestes citoyens. La parole publique peut enflammer les fractures ; elle peut aussi contribuer à les apaiser.

Faire vivre les valeurs de la République et les valeurs juives, c’est tenir ensemble la liberté et la responsabilité, la justice et la dignité, la mémoire et l’espérance. C’est choisir, même lorsque la colère gronde, de ne pas céder à la déshumanisation.

Face à la violence, notre réponse de français juif doit être ferme envers ces actes intolérables, attentive aux personnes et fidèle à nos principes.

C’est ainsi que nous défendons une République vivante, un judaïsme qui s’inscrit dans la justice, la vérité, la fraternité, la laïcité et que nous contribuons à préparer la concorde nationale.

Viviane MEYER

Présidente de la commission nationale Valeurs de la République du BBF

 
 
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