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Ne laissons pas disparaître l’esprit de janvier 2015


Lundi 8 Janvier 2018

Tribune libre de Philippe Meyer Vice Président du BBF



Ne laissons pas disparaître l’esprit de janvier 2015
Il y a tout juste trois ans, après le massacre sauvage des journalistes de Charlie le 7 janvier 2015 et des clients juifs de l’épicerie Hypercacher deux jours plus tard, la France toute entière, et avec elle la communauté juive, tombaient dans l’effroi. En plein Paris, on avait assassiné la liberté. En plein Paris, on avait assassiné des juifs, parce que juifs. Après le choc initial, terrible, foudroyant, une vague de réactions de solidarité et de défense des valeurs de la République déferlait sur tout le pays. Ce fut ce qu’on a alors appelé l’esprit de janvier 2015. La France, et avec elle les principaux dirigeants de la planète venus à Paris, se levaient et marchaient pour dire non à la peur, non à la haine, non à la barbarie, non à la victoire des forces de la haine et de la mort. Un bref instant de partage national rempli d’espoir pour l’avenir. 

Et puis trois ans ont passé. L’islamisme politique radical a continué de tuer au bataclan, à Nice et ailleurs des hommes, des femmes et des enfants, tous innocents. Un prêtre âgé qui ne parlait que de paix a été égorgé. Sarah Halimi a été torturée et défenestrée. L’antisémitisme a continué de se propager au quotidien dans notre pays et au-delà. La haine d’Israël, donc des juifs, a continué de s’exprimer librement au cœur de nos villes et au centre d’instances internationales basées à Paris ou ailleurs. Les populismes et les extrémismes ont donné de la voix, de plus en plus fort, en France au printemps dernier, comme en Autriche ou ailleurs plus récemment. 

Trois ans après, presque jour pour jour, des croix gammées ont été taguées en ce début du mois de janvier 2018 sur des devantures métalliques à Créteil, rappelant des images monstrueuses d’un passé qu’on aurait espéré être enfoui à tout jamais. Consternant. Dramatique. Ces images, on les a aussi revues dans bon nombre de pays européens où un antisémitisme assumé et violent remonte à la surface et ressort des poubelles de l’histoire. 

Trois ans après, les préjugés contre les juifs, la haine des juifs, les attaques contre les juifs rassemblent tous les ennemis de la République et des valeurs de liberté et de démocratie qui fondent notre société. Qu’ils viennent d’un extrême ou d’un autre, qu’ils se réfèrent d’une idéologie morbide ou d’une autre, qu’ils vénèrent un uniforme ou un autre, ces porteurs de haine et de rejet de l’autre - et en particulier des juifs - se retrouvent dans ce combat obscurantiste, antisioniste et antisémite qu’ils mènent, tous liés par un même intérêt objectif : la détestation des juifs, et à travers eux de la démocratie, du progrès, de la lumière et de la liberté. Hier comme aujourd’hui, là où on tue des juifs, on tue le monde. 

Trois ans après, ce qui doit impérativement rester de l’esprit de janvier 2015, ou du moins de ce que nous voulions y voir, c’est la prise de conscience de tous, la mobilisation des citoyens, et l’action des pouvoirs publics, toutes les trois plus indispensables que jamais. 

Voilà pourquoi les auteurs de ces actes antisémites infâmes et révoltants, à Créteil aujourd’hui comme ailleurs demain, doivent être systématiquement et le plus immédiatement possible appréhendés, jugés et lourdement condamnés pour leurs crimes abjects. La justice et la sanction, quand elles sont réellement utilisées, demeurent des armes redoutables contre la propagation et l’aggravation des signaux de haine et de violence dès qu’ils apparaissent, et après. On commence par taguer, puis on insulte, puis on bouscule, et enfin on tue. Au-delà des discours, aussi beaux soient-ils, seuls les actes comptent si l’on veut encore arrêter la machine infernale à temps. S’il est encore temps.  

Voilà pourquoi, trois ans après, nous n’avons pas le droit de laisser disparaître les espoirs portés dans cet esprit de janvier 2015, et qui se sont atténués bien trop vite. Forts de notre histoire, de notre culture, de nos valeurs de fraternité et d’humanisme, et de notre engagement militant depuis toujours, nous avons, au B’nai B’rith, un rôle majeur à jouer dans cette prise de conscience. 

Pour raviver cet esprit de résistance et de mobilisation, nous avons aujourd’hui et demain la responsabilité de porter notre message, de diffuser nos valeurs de fraternité et d’humanisme, d’alerter, d’agir. 

Nous avons la responsabilité d’être fiers de nos valeurs, de les placer toujours au cœur de nos actions, de mener nos combats avec toujours autant de détermination et d’énergie, de rester debout, forts et engagés. 

Nous avons la responsabilité de nous mobiliser, toujours et encore, contre l’antisémitisme, d’où qu’il vienne et quelle que soit sa forme, qui finit toujours par brutaliser et par assassiner les juifs, contre la haine d’Israël et sa délégitimisation, qui conduisent toujours au rejet du judaïsme, contre la négation des valeurs, de l’histoire et de la culture juives, qui remettent toujours en cause ce que nous sommes, d’où nous venons et où nous allons, contre les égoïsmes qui alimentent toujours les populismes et finalement les extrémismes, et contre les replis sur soi qui portent toujours en eux la haine des autres et finalement la violence aveugle. 

Trois ans après l’Hypercacher, nous avons tous l’ardent devoir de continuer de tenir sans faille et sans compromis ce rôle de vigie, d’alerte et de mobilisation que le Peuple juif a toujours tenu au milieu des nations, fidèles à nos idéaux de justice et de vérité.
Trois ans après l’Hypercacher, faisons tout pour apporter nos valeurs et notre engagement à cette mobilisation générale de la société qui ne doit jamais faiblir.
Trois ans après l’Hypercacher, soyons fiers et déterminés à porter haut notre credo d’amour fraternel, d’harmonie et de bienfaisance. Il est depuis toujours au centre de nos combats et devra toujours le rester. Il véhicule plus que jamais ce dont notre société a tant besoin pour construire un avenir meilleur.

Bonne année 2018 à tous
 
Philippe Meyer
Vice-Président du Bn'ai B'rith France








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