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Le Mot du Président du B'nai B'rith France Ilan Halimi, 13 ans après


Jeudi 14 Février 2019



Ce Billet est paru dans le numéro d'Actualité Juive du 14 février 2019
 
 
Le 13 février 2006, Ilan Halimi est retrouvé agonisant, brulé à 80%, le long des voies ferrées du RER C à Sainte-Geneviève-des-Bois. Enlevé, séquestré, torturé durant trois longues semaines par des barbares criminels, Ilan Halimi décèdera peu de temps après son transfert à l’hôpital. La communauté juive est en effroi. La France est sous le choc. Le Président Jacques Chirac participera à un office solennel à la grande synagogue de la Victoire à la mémoire du jeune homme de 23 ans dans un climat de peine profonde et de souffrance indélébile. 
 
13 ans après, la haine anti-juive s’est installée et s’est propagée dans notre pays. Pas une semaine ne passe sans que des actes et des violences antisémites ne soient perpétrées. Depuis Ilan Halimi, des juifs ont continué à être tués parce que juifs. L’école de Toulouse, l’Hypercacher, Sarah Halimi, Mireille Knoll. Les agressions, les attaques, l’horreur n’ont cessé de frapper les juifs de France avec une violence toujours plus cruelle, toujours plus odieuse. 
13 ans après, les juifs de France s’inquiètent toujours et encore, vivent dans un climat anxiogène, ont peur pour leurs enfants, s’interrogent sur leur avenir en France. Beaucoup sont partis. Certes la vie juive ne cesse de se développer dans notre pays. Et c’est la meilleure des réponses à apporter à nos ennemis. Mais la peur, la colère, le désarroi restent présents. 
 
13 ans après, les différents gouvernements qui se sont succédés ont multiplié les discours, les condamnations, les commémorations. Mais au-delà des bonnes intentions et des actions ponctuelles, la question demeure : les responsables publics sont-ils en capacité de lutter en profondeur contre ce fléau qui ronge la République ? Sont-ils capables de redonner de l’espoir aux citoyens juifs ? Tant reste à faire. Nous ne sommes pas en 1930. Le monde a changé. Mais alors que les derniers témoins de la Shoah nous quittent, l’antisémitisme s’est libéré. La parole s’est libérée. Le passage à l’acte s’est libéré. Partout. Dans les écoles, les prisons, les médias, les quartiers. Le monde a changé et le combat contre l’antisémitisme a changé également. Il nous faut certes lutter aujourd’hui contre cet antisémitisme séculier inspiré et distillé comme toujours par les populistes, les négationnistes, les extrémistes de tout bord et les fanatiques, en France, en Europe et ailleurs, qui ont tous en commun la haine des juifs comme socle de leur haine de la République et du rejet de ses valeurs. Nous avons vu hier où cela pouvait mener. Mais il nous faut lutter également contre l’antisémitisme banalisé et diffusé sur les réseaux sociaux, plus dangereux encore, car il s’invite partout, et se propage sans règles ni contrôle. Nous savons où cela peut mener demain. C’est à la racine du mal, puis dans sa répression, qu’il faut agir avec une tolérance zéro. Trop de manquements passés ont conduit là où nous en sommes aujourd’hui. Il est plus qu’urgent d’aller plus loin, avec une volonté politique claire, un courage sans faille, et des actes forts. 
 
13 ans après, les organisations juives continuent de sensibiliser, d’alerter, de dénoncer, de ne rien laisser passer. Ce travail au quotidien est d’une impérieuse nécessité. Mais la bataille sera longue et difficile. Elle ne pourra être remportée que si les juifs ne sont pas les seuls à s’y engager. Or ils en sont trop souvent les avant-gardes, se sentant parfois seuls dans l’engagement nécessaire et durable, certes entendus, mais encore insuffisamment écoutés.
 
13 ans après, le réveil des consciences et la lutte contre l’indifférence demeurent, plus que jamais, au cœur du combat contre la bête immonde. La lutte contre l’antisémitisme est plus que jamais l’affaire de tous. Là doit être notre mobilisation de chaque instant. 









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