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Editorial du président du B’nai B’rith France


Vendredi 25 Septembre 2020

La France souhaite-elle vraiment la paix au Proche-Orient ?



Editorial du président du B’nai B’rith France
La question se pose au vu d’éléments intervenus ces dernières semaines. 

Il y a d’abord eu le dialogue souhaité par le Président de la République et justifié par son ministre des affaires étrangères avec le Hezbollah, organisation terroriste et vassal de l’Iran, sous le prétexte qu’il convient « de parler avec des gens qui ont été élus ». 

Il y a eu ensuite la timidité froide et gênée des réactions officielles après l’accord de paix entre Israël, les Emirats Arabes Unis et Bahreïn, à l’heure où le monde entier s’en est grandement réjoui. 

Et il y a enfin ces déclarations surprenantes du Chef de l’Etat à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unis qui vient de se tenir à propos de cet accord de paix et du conflit israélo-palestinien : « (…) Je ne crois pas à une paix qui se construira sur l'hégémonie ou l'humiliation quand bien même celle-ci serait compensée par de l'argent, car on ne compense pas l'humiliation d'un peuple par de l'argent (…). ». 

Outre qu’ils dévalorisent cet évènement majeur du 15 septembre qui fera date et qui ouvre une ère nouvelle, ces propos apparaissent comme insultants envers les Emirats Arabes Unis et Bahreïn qui ont eu le courage et la vision, avec Israël, de franchir une étape aussi déterminante pour l’avenir. 

On voit bien l’idée sous-jacente d’une telle charge dans la bouche d’un président français ayant pourtant fait de son amitié avec Israël l’une de ses caractéristiques mais qui butent sur la tradition française en la matière. Si les dirigeants palestiniens ne sont pas partie prenante d’un accord, celui-ci n’a aucune valeur. Après des décennies d’occasions manquées dans les négociations bilatérales entre israéliens et palestiniens, sur fond de double langage et d’absence de renoncement au terrorisme et à la violence par ces derniers, il serait préférable de rester dans cette impasse plutôt que de soutenir des initiatives fortes de rapprochement entre Israël et les capitales arabes permettant, enfin, d’entrevoir le chemin de la paix. Une telle stratégie centrée exclusivement sur la défense des intérêts palestiniens, et sur la volonté de continuer à dialoguer et à commercer avec l’Iran, est vouée à l’échec. L’histoire l’a montré. Mais il y a des postures, des intérêts, des idéologies qui ont la vie dure malgré la nouvelle donne géopolitique mondiale qui se met en place. On peut se demander également si ces positions françaises arcboutées sur un modèle passé ne visent pas aussi à s’assurer les voix d’un certain électorat, au détriment d’un réalisme courageux et clairvoyant.  

On savait le logiciel de la France sur ces questions être daté et usé. L’évolution en cours ne fait que renforcer ce sentiment. Il serait pourtant grand temps de changer ce logiciel, en profondeur. D’une part, pour s’adapter au monde qui bouge. D’autre part, pour pouvoir enfin prétendre avec crédibilité vouloir tenir un rôle majeur qui devrait être celui de la France et de l’Europe dans l’avenir en paix de la région. Force est de constater qu’on en est loin et de le regretter. 

Le train de l’histoire est en marche. La paix se fera avec tous ceux qui la souhaitent et qui monterons dans les wagons. La France ne semble pas vouloir prendre son billet.  
  
Philippe Meyer








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