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Editorial du président du B’nai B’rith France


Jeudi 11 Juin 2020

Le monde d’après n’est pas mort à Minneapolis



Editorial du président du B’nai B’rith France
Le meurtre de George Floyd, assassiné à Minneapolis par un policier américain après un long supplice de 8 minutes et 46 secondes, est une tragédie. Qu’un homme puisse être délibérément la cible d’un représentant des forces de l’ordre, simplement parce que de couleur, et qu’il succombe finalement face contre terre aux pieds de son bourreau est juste inacceptable. Ce sont les valeurs mêmes de l’homme et de notre société qui ont été bafouées, déshonorées, salies. 
Ainsi, à peine la tragédie du Covid19 commençait à être derrière nous, en quelques minutes, le meilleur de l’homme tel qu’il avait pu émerger durant ces mois de crise avec ses élans d’humanisme, de solidarité et de générosité, a été balayé par ce qu’il est capable de pire. Sans transition. Et comme si cette tragédie ne suffisait pas, elle a été entourée de son cortège d’outrances et de violences, nous rappelant si besoin était qu’à une haine peut en répondre d’autres. La violence n’est jamais légitime pour exprimer l’émotion. 

Des émeutes incontrôlées, à Los Angeles ou ailleurs, ont été le sinistre théâtre de synagogues et de commerces juifs saccagés et vandalisés. Comme souvent, les Juifs peuvent servir d’exutoire et de bouc-émissaires, alors même que le judaïsme a toujours porté en lui ces valeurs universelles pour la fraternité et contre l’injustice. Le combat légitime et essentiel contre le racisme ne peut pas servir de prétexte pour attaquer les Juifs. Condamner le racisme c’est aussi condamner l’antisémitisme. 
Et que dire de la récupération indigne et dangereuse faite pour raviver en France une affaire Adama Traoré totalement étrangère au drame de Minneapolis et aux seuls buts de souffler sur les braises toujours vives des divisions et de la violence, desservant ainsi la cause prétendument défendue. 

Mais non, le monde d’après n’est pas mort à Minneapolis. D’abord parce que malgré les débordements et les récupérations de certains, il y a eu chez beaucoup d’autres et à travers le monde émotion sincère, indignation juste, donc espoir permis. Ensuite parce que notre détermination à combattre la haine, toutes les haines, notre idéal, notre ligne d’horizon, n’en sont que plus renforcés. Ce monde d’après sera-t-il meilleur, pire, inchangé ? Nul ne le sait. Il sera ce que nous en ferons. La fraternité, la solidarité, la cohésion continueront de se construire dans la difficulté, l’obstination, le temps long. Ce combat sera celui de de chacun. 

Philippe Meyer








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