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Tribune Libre de Serge Dahan


Mercredi 19 Octobre 2016

«Mal nommer les choses ajoute au malheur du monde»



Tribune Libre de Serge Dahan
Le 13 octobre dernier, la commission du programme et des relations extérieures, organe subsidiaire permanent du Conseil Exécutif de l'UNESCO, a adopté une résolution infâme niant les liens historiques du Mont du Temple et du Kotel, Mur des Lamentations, avec l’histoire juive.
Dans cette résolution adoptée par vingt-quatre pays (six ont voté contre, les Etats-Unis, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Lituanie et l’Estonie, et vingt-six se sont abstenus dont la France) les lieux saints du judaïsme sont ainsi nommés par leurs noms musulmans uniquement.
Ce texte remet bien en question le lien historique entre le judaïsme et le Kotel, Mur des Lamentations, celui-ci n’est en effet nommé dans cette résolution que par son nom arabe « Place Al-Buraq » avant d’être mentionné volontairement entre parenthèses par son nom français « place du Mur occidental» considérant par cet artifice que le Mur Occidental n’est qu’une digression éloignant ainsi l'histoire du peuple juif de ce lieu sacré
Cette stratégie révisionniste du lien historique et culturel entre le peuple juif et Jérusalem utilise la plateforme de l’UNESCO, organisation dont la mission est de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité… resserrant par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre les nations », pour tenter une réécriture de l’Histoire en affirmant simplement que les lieux saints du judaïsme et du christianisme sont des sites exclusivement musulmans
 
En « nommant mal les choses » les initiateurs de cette résolution, et ceux qui ont rendu son adoption possible, développent une lecture négationniste de l’histoire juive et chrétienne de la ville de Jérusalem. Faut il simplement rappeler qu’il y a 3000 ans le roi David a décidé de s’installer dans une petite ville appelée Jébus, son fils le roi Salomon y fait construire un grand temple; Jérusalem devient alors le sanctuaire central d’Israël et la capitale du royaume de Juda. L’Evangile selon Saint Luc met très clairement en relief le moment où Jésus, après avoir parcouru toute la Galilée monte à Jérusalem.
 
En « nommant mal les choses » les initiateurs de cette résolution, et ceux qui ont rendu son adoption possible, prennent la responsabilité de faire prospérer ces idées négationnistes en s’appuyant sur l'ignorance et les préjugés induisant passions et haine. Cette intolérance religieuse qui veut faire des lieux saints de Jérusalem un territoire exclusivement musulman contribue ainsi au « au malheur de ce monde » en se servant du mensonge pour justifier la violence.
 
En « nommant mal les choses » les initiateurs de cette résolution, et ceux qui ont rendu son adoption possible, détournent Israël et le monde arabe des objectifs de paix; paix qui ne peut pas se construire sur le mensonge et sur la « tentative de réfuter la vérité historique qui ne sert pas les intérêts de la paix et ne peut que favoriser la violence extrême » comme l’a dit le nouveau Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guteres,
 
En « nommant mal les choses » dans une résolution de l’UNESCO les initiateurs de cette résolution, et ceux qui ont rendu son adoption possible, affaiblissent « l’esprit de tolérance et de respect de l’histoire » qui sont la raison d’être de l’Organisation Internationale et s’opposent aux déclarations de Madame Irina BOKOVA Directrice générale de l’UNESCO lorsqu’elle affirme que « Le patrimoine de Jérusalem est indivisible... Nier, occulter ou vouloir effacer l’une ou l’autre des traditions juives, chrétiennes ou musulmanes revient à mettre en péril l’intégrité du site… Dans la Torah, Jérusalem est la capitale du Roi des Juifs David, où Salomon construisit le Temple qui abrita l’Arche d’Alliance. Dans l’Evangile, Jérusalem est le lieu de la passion et de la résurrection du Christ. Dans le Coran, Jérusalem est la destination du voyage nocturne (Isra) que le prophète Mohammed fit depuis La Mecque jusqu’à la Mosquée Al Aqsa…La reconnaissance, l’usage et le respect de ces noms sont essentiels.»
 
Alors que le Président de la République Française avait déclaré, après le vote par la France en avril dernier d’une Résolution similaire à celle adoptée le 13 octobre, « rien dans le vote de la France ne doit être interprété comme une remise en cause de la présence de l’histoire juive à Jérusalem »
 
Alors que le Ministre des Affaires étrangères du gouvernement français avait indiqué, dans une réponse à une question écrite parlementaire, que « la prochaine résolution qui serait discutée lors du conseil exécutif de l’UNESCO au mois de novembre fera l’objet d’une attention particulière.»
 
Alors que le Premier Ministre Manuel Valls lors d’un voyage en Israël avait reconnu une « erreur » à propos de l’adoption par la France d’une Résolution similaire et s’était engagé à ne plus soutenir de telles résolutions à l’avenir.
La France s’est abstenue lors du vote du 13 octobre dernier
 
Le 18 octobre le Conseil Exécutif de l'UNESCO s’est de nouveau réuni et la commission du programme et des relations extérieures, a recommandé au Conseil Exécutif de l'UNESCO d'adopter la résolution Arabe sur la Palestine occupée. Le Mexique, dont il faut saluer la clarté, a déclaré souhaiter «réaffirmer la reconnaissance que le gouvernement du Mexique donne à la relation indéniable entre le peuple juif et l’héritage culturel de Jérusalem Est» et a décidé au dernier moment de changer son vote initial ramenant le nombre de votes favorables à cette résolution à 23.
La France qui avait aussi la possibilité de modifier son vote, ne s'est pas exprimée, confirmant ainsi son choix du 13 octobre de s’abstenir
 
S’abstenir c’est un peu consentir, aussi est il légitime de s'interroger sur la décision de la France qui a fait le choix de l’abstention se distinguant ainsi des pays les plus évolués de l'Union Européenne et des démocraties les plus solides qui eux se sont clairement opposés à ce texte infâme
 
S’abstenir c’est un peu consentir, aussi est il légitime de s'interroger sur le pourquoi rester neutre face à la  responsabilité de voir cette résolution partisane être adoptée par un vote inique, de plus minoritaire (seuls 23 pays, sur les 58 qui composent le Conseil Exécutif ont fait le choix de cette résolution), laissant ainsi la place à une exploitation politique de l’Unesco
 
Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères pourquoi ce choix qui n’en est pas un ?
 








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