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Tribune Libre de Serge Dahan président du BBF


Lundi 29 Février 2016

Le réveil du monde contre BDS. Soyons tous les acteurs de la victoire contre la haine



Tribune Libre de Serge Dahan président du BBF
Pas un jour ne passe sans que les militants de la campagne BDS ne déversent partout dans le monde leur haine contre Israël.
Ces appels incessants au boycott d’Israël, par une organisation dont les constituants essentiels et les principaux soutiens financiers sont principalement des pays qui, soit n'ont pas reconnu Israël, soit appellent à sa destruction, visent toutes les composantes de la vie de cet Etat démocratique – économiques, scientifiques, culturels ou sportifs – et cherchent à le détruire et à délégitimer son existence.
 
Mais au-delà, l’objectif est clair: cette campagne BDS s’en prend en réalité aux juifs partout dans le monde et alimente un climat de haine aux conséquences antisémites dramatiques.
Combattre Israël légitime sournoisement ceux qui cherchent avant tout à régler leurs comptes avec les juifs.
 
La campagne BDS véhicule tout ce que l’antisémitisme moderne regorge de ressentiments enfouis à l’égard des juifs et que la mise au grand jour de l'horreur de la Shoah avait rendu impossible à exprimer. Avec la disparition de ses derniers survivants, la Shoah sort du présent pour entrer dans l'Histoire. Le tabou peut enfin être levé.
 
L'antisémitisme peut maintenant de nouveau s'exprimer sous le prétexte fallacieux de la liberté d’expression contre un Etat.
Insulter Israël, ses dirigeants, ses habitants, ses réalisations, permet aux antisémites sortis de l'ombre d’attaquer et de tuer des juifs, parce que leurs liens avec Israël sont évidents, parce qu’ils sont juifs
 
On crie « mort à Israël », en pensant « mort aux juifs ». Le passage à l’acte n’est plus alors qu’une formalité. C’est vrai à Jérusalem, c’est vrai à Paris, c’est vrai partout.
 
Toujours la même haine, toujours les mêmes assassins.
 
Comme l’analyse très justement Bernard-Henri Lévy dans son ouvrage « L’esprit du judaïsme », l’antisionisme ne peut certes pas se résumer au seul antisémitisme, mais l’antisémitisme aujourd’hui ne peut pas s’exprimer autrement qu’à travers l’antisionisme.
 
La lutte contre BDS doit être totale, permanente et sans compromis.
Pour être efficace, elle doit passer avant tout par une sensibilisation des décideurs de la société, qu’ils soient politiques, économiques ou culturels, afin de les convaincre que ce combat est aussi le leur.
 
La force du Peuple juif face à ses ennemis a toujours résidé dans son intelligence, sa solidarité et l’appui de ses alliés. Faire comprendre à tous nos amis, qui défendent avec nous les valeurs humaines, démocratiques et républicaines, qu’au-delà de la seule haine des juifs, les partisans de la campagne BDS menacent les fondements mêmes de notre société basés sur le respect de l’autre et le vivre-ensemble. Il s'agit là d’une ardente nécessité pour espérer en terminer  avec les obscurantistes et les fanatiques.
 
Combattre BDS, combattre le terrorisme font partie de la même guerre. Celle qui a été imposée à nos démocraties par ceux qui veulent voir leur disparition. Une guerre que les démocraties  n’ont pas d’autre choix que de gagner.
 
Ce combat sera long et difficile, mais nous constatons avec satisfaction que des signes de réveil pour dire non à BDS, non à la haine antisioniste et antisémite se font jour.
 
En France, où la campagne BDS est juridiquement illégale (article 24 alinéa 8 de la loi du 30 décembre 2004 modifiant la loi du 29 juillet 1881 et Article. 225-1 & 2 du Code Pénal), les prises de positions au plus haut niveau de l’Etat sont sans ambiguïté.
 
Le Premier ministre Manuel Valls a récemment déclaré qu’il « allait faire le nécessaire », précisant lors de son intervention du 18 janvier aux Amis du Crif «J'en ai déjà parlé et j'en reparlerai avec le ministre de l'Intérieur. Les pouvoirs publics doivent changer d'attitude vis-à-vis de ce genre de manifestions. Ça suffit, on ne peut pas tout se permettre dans ce pays».
 
Des manifestions ont été interdites, mais beaucoup reste encore à faire face au nombre croissant d’actions commando menées au quotidien par cette campagne odieuse et aux relais multiples dans la société.
 
Dans le sillage de cette fermeté affichée par l’Etat, les initiatives se multiplient. C’est ainsi qu’il faut saluer les deux vœux récemment votés par le Conseil de Paris, à une très large majorité allant au-delà des traditionnels clivages partisans, de rejet par la ville de toutes actions de BDS dans la capitale.
 
Aux Etats-Unis, de nombreux Etats ont légiféré contre la campagne BDS, comme la Caroline du Sud, la Floride, l’Etat de New York, la Pennsylvanie, le Tennessee, l’Indiana ou la Californie, et bien d’autres devraient suivre.
 
Au Canada, le Parlement a voté à une écrasante majorité une résolution condamnant fermement les appels au boycott d’Israël. Le texte de la motion précise que « La Chambre rejette la campagne du mouvement BDS, qui encourage la diabolisation et la délégitimation de l'État d'Israël, et prie le gouvernement de condamner toute tentative de la part d'organismes, de groupes ou de particuliers du Canada de promouvoir le mouvement BDS, ici et à l'étranger ».
 
En Angleterre, le gouvernement a décidé de mettre en œuvre un dispositif « Boycott des boycotteurs ».
 
En Allemagne, des manifestations organisées par la campagne BDS ont été annulées.
 
Face aux attaques tous azimuts menées par BDS, une telle riposte globale et généralisée des grandes démocraties constitue la meilleure des réponses à apporter pour y mettre un terme. Ces coups importants portés récemment chez nous et ailleurs contre les porteurs de haine sont des signaux forts et clairs.
 
Ils doivent être dupliqués le plus largement possible dans nos villes, dans nos démocraties, auprès de tous ceux qui détiennent une part de responsabilité publique entre leurs mains, que ce soit dans certaines associations, certains mouvements politiques ou certains médias.
 
Mais ces réponses doivent avant tout être confirmées dans les faits. Ce suivi des paroles aux actes est capital. Les premières sont d’ores et déjà encourageantes. Les seconds doivent être exemplaires.
 
Toute manifestation appelant au boycott d’Israël, et allant parfois jusqu’à faire l’apologie des terroristes ayant du sang sur les mains, doit être interdite sans exception. Les organisateurs et partisans de ces actions illégales doivent comprendre que le vent a tourné, que la haine anti-juive n’est plus tolérée, que l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un délit.
 
Mais surtout, ce réveil du monde contre BDS constitue pour nous tous un formidable encouragement à rester plus que jamais vigilant, mobilisé et actif, à redoubler d’efforts.
Cet engagement porte ses fruits lorsqu’il est mené avec énergie et intransigeance.
 
Le B’nai B’rith France, qui a fait de la lutte contre BDS un axe majeur d’action, salue tous ceux qui mènent ce combat à travers le monde et restera à leurs côtés pour les aider à le remporter. Il est indispensable de rappeler avec force que la haine anti-juive ne saurait être tolérée impunément et ne peux se cacher derrière la détestation d’Israël.
 
Cette mobilisation de tous les combattants de la liberté et de la tolérance doit se poursuivre, se renforcer, se généraliser. Le silence est complice ou trompeur. En tous les cas, il n’est pas acceptable.
 
Comme l’écrivait Bertold Brecht en 1934 « 
Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite ».
 
Soyons tous les acteurs de la victoire contre la haine.
 








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