B'NAI B'RITH FRANCE

Bienfaisance, Amour fraternel, Harmonie. La plus ancienne association Juive humanitaire mondiale (1843)

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Propos sur la fraternité


Lundi 16 Décembre 2013



Propos sur la fraternité
Propos sur la fraternité

On définit toujours un être, une chose, une action, un sentiment en faisant référence à un autre être, à une autre chose, une autre action, ou un autre sentiment.

Et on procède alors : soit par analogie, soit par opposition.

Eh bien, avant de vous parler de la Fraternité je vous propose de nous frayer un chemin vers la définition de la Fraternité en faisant au passage la distinction entre

AMITIE, CHARITE, SOLIDARITE, FRATERNITE.

L'AMITIE

Quand on parle de l'amitié, on se souvient vite des très belles pages que MONTAIGNE a écrites, inspirées par l'amitié profonde qui le liait à Etienne de la BOETIE.
« Cette amitié était plus proche de ce qu'est ou ce que doit être la FRATEANITE que des amitiés communes d'aujourd'hui ».
L'amitié, de nos jours, est plus en surface et plus fortuite. L'occasion l'a créée, l'intérêt peut-être le temps peut l'estomper ou la faire disparaître...
Elle est pratique, légère, mondaine souvent, sincère et solide parfois... Tous comptes faits, elle s'engage à peine et le coeur se donne encore moins, et d’ailleurs elle est souvent contextuelle, au travail, au travers d’association, etc.
L'amitié peut être déçue, c'est-à-dire, si elle a l'espoir d'être payée en retour. Et là, vraiment, que de déceptions Ne faisons surtout pas un tableau pessimiste de l'amitié, c'est quand même une chose bien douce, insistons seulement sur sa fragilité, son instabilité... et l'amertume qu'il arrive qu'elle laisse...

LA CHARITE

La charité est une notion infiniment attachante.., qui peut toutefois devenir assez vite odieuse en fonction de certaines motivations.
Attachante, la Charité l'est à coup sûr quand elle est un simple et merveilleux don de soi quand, spontanément, elle atteste sa Foi, en un Dieu ou dans les Hommes.
Oui, la Charité est attachante quand, au milieu des barbelés de la vie moderne, l'Homme renonce à son égoïsme et fait une large trouée afin d'être bon toujours, en dépit de tout : d'être secourable avec ceux qui en ont besoin, tous ceux qui en ont besoin.
La charité est cette filiation morale d'ailleurs souvent d'origine religieuse à la notion du Devoir qui distingue cette charité pourtant ô combien attachante de la Fraternité.
Nous avons dit aussi parfois odieuse en fonction de certaines motivations.
Il existe une sorte de Charité qui n'est pas un acte obligatoirement pur, un acte ne relevant pas de ces raisons du coeur « dont parle PASCAL » et la bienveillance envers son prochain n'est pas toujours altruiste. On cherche parfois son semblable... mais surtout pour y trouver sa propre récompense
L'odieux réside alors dans une sorte de comptabilité des actes généreux.
Nous avons indiqué tout à l'heure l'extraordinaire acte de Foi que pouvait être la Charité souvenons-nous à présent combien il serait disgracieux d’attendre en retour.
C'est là que cette prétendue Charité, celle qui vise un salaire, devient vite odieuse.
De même, encore, lorsqu'elle s'adresse à ceux-ci et jamais à ceux-là, opère en de telles circonstances et pas en telles autres, avec une limite plus ou moins serrée. Elle se trouve alors de mauvaises plutôt que de bonnes raisons... pour justifier ces discriminations, Mais au moins la Charité joyeuse, la vraie, même si elle procède d'une obligation morale ou spirituelle, est incontestablement imprégnée de Fraternité.

LA SOLIDARITE

La Solidarité, elle, est un fait social et non moral. C'est un sentiment en plusieurs dimensions qui nous lie à la fois aux Hommes, au Cosmos, à la Cité, au Créateur aussi.
L’Ame est fille de la Cité «, disait le philosophe ». Imaginons une seconde la Cité détruite que subsisterait-il de notre âme et pendant combien de temps ? Comment nos facultés s'exprimeraient-elles, nos virtualités se révèleraient-elles ? Comment notre esprit pourrait-il s'épanouir ? Qu'adviendrait-il des générations suivantes ?
Nous devons donc pour une large part, et notamment à nos semblables d'être ce que nous sommes, de valoir ce que nous valons.
Mais si la Fraternité inclut la Solidarité, celle-ci n'implique pas nécessairement la Fraternité.

LA FRATERNITE

Alors, maintenant, voyons : la Fraternité, la Fraternité tout court, qu'est-ce ?
Dans l'Antiquité, la Fraternité était considérée comme le sentiment le plus noble, le plus élevé. Même avant la Sagesse.
En étymologie : du latin fraternitas, relations entre frères, entre peuples, lui-même dérivant de frater, frère
La définition la plus usuelle : La fraternité est le lien fraternel et naturel ainsi que le sentiment de solidarité et d'amitié qui unissent ou devraient unir les membres de la même famille que représente l'espèce humaine. Elle implique la tolérance et le respect mutuel des différences, contribuant ainsi à la paix.
Dans un sens plus restrictif, la fraternité désigne le lien existant entre les membres d'une même organisation, entre ceux qui partagent un même idéal ou qui ont combattu ou combattent pour une même cause. Ex : Fraternité d'arme.
La fraternité est l'une des trois composantes de la devise de la République française : "Liberté, égalité, fraternité".
La fraternité est une valeur de l'humanité, comme en témoigne l'article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme :
"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."
Plus rarement la fraternité désigne le lien de parenté entre les frères et sœurs d'une même famille (la fratrie).
La fraternité se distingue de la solidarité par la dimension affective de la relation humaine liée au sentiment d'appartenance à la même espèce, l'humanité, ce qui lui donne un caractère plus universel.
Contrairement à l'amour, aux affections ou aux obligations morales, la Fraternité s'établit par une décision de volonté personnelle.
Contrairement encore, la Fraternité n'inclut aucune passion, aucun sentiment de possession ou de domination.
La Fraternité, c'est un souffle heureux qui fouette le coeur autant que la Raison, un souffle dégagé de toute autre notion de bien et de mal de droit, de devoir, de comptabilité, de salaire en retour d'humeur versatile...

La FRATERNITE,
C’est quand le Moi pense à Autre, quand ce Moi ne pense plus Moi, mais l'Autre, quand penser à Soi, c'est d'abord penser à l'Autre.
Voilà donc pourquoi, aussi : tout commence et se poursuit par l'Autre.
L'Homme social n'est heureux que lorsqu'il peut être librement, pleinement, également un homme parmi les autres hommes, un homme avec les autres hommes.
C'est cela la FRATERNITE HUMAINE : et c'est sans doute pour la trouver plus vite, en la construisant de toutes pièces, de leurs propres mains et de leurs propres cœurs qu’en 1843, le bnai brith est né.
LA FRATERNITE au BNAI BRITH, ce quelle devrait être :
ETRE est toujours plus que « CONNAITRE » et « AGIR « est toujours plus que « PENSER »
Alors la Fraternité au Bnai Brith, telle que nous la concevons, ou du moins telle que je la perçois au fond de vous c'est une façon non seulement de démontrer sa foi en l'homme, mais de la rendre agissante et de la concrétiser.
La Fraternité Au Bnai Brith, ce n'est plus un sentiment, plus une attitude, ni même un réflexe, c'est une action permanente, après un choix fait une fois pour toutes.
Et choisir d'aimer, n'est-ce pas après tout faire le plus beau des choix ?...
Bien sûr, dans nos vies, il y a de très réels et sincères élans de fraternité plusieurs religions, notamment, en donnent de magnifiques exemples hélas ! Bon nombre de ces élans semblent se briser contre un mur car dévoyés de leurs fondement souvent par le simple sectarisme de la démarche engagée.
Oh ! Pas toujours un mur d'égoïsme ou d'indifférence, ni un mur que n'a pas équilibré l'harmonie la plus parfaite... Fait des hommes, des institutions ou des circonstances ?...
La grande équivoque, c'est que la Fraternité, sauf peut-être dans certains cas particuliers de vie communautaire, ne va pas jusqu'au bout d'elle même, ne sait pas refuser les étroitesses doctrinaires et se contente souvent d'une vie côte à côte, d'une fraternité de côtoiement.
Alors qu’au Bnai Brith, nous avons le devoir de comprendre que la véritable joie fraternelle c'est de vivre non pas côte à côte, mais avec, de vivre ensemble d'être soi, certes, mais de vivre en pensant aux autres, en construisant sa vie en fonction de celle des autres, de chercher sa vérité en retrouvant celle des autres...
Mais penser aux autres, signifie-t-il s'oublier soi-même » ?
Ne craignons pas de le dire : s'oublier soi-même « ne serait pas Bnai Brith ».
Et puis, non si l'on n'est pas d'abord redescendu en soi, si l'on ne s'est pas : cherché soi-même, apprécié au sens propre du terme et, finalement, maîtrisé, comment pourrait-on alors s'approcher des autres ?
Etablir la paix et l'équilibre en soi, le gouvernement de soi-même.
C'était déjà l'une des grandes attentes de SOCRATE : que l'autre soit son semblable par le gouvernement de soi. Et c'est d'ailleurs en cela que l'Autre est égal à Soi,
Et c'est ce qui fait la précieuse originalité de la Fraternité Au Bnai Brith, c’est qu’il s’agit d’une Fraternité en quelque sorte régénérée, revigorée, respiritualisée.
Savoir que d'autres Frères sont là, non seulement autour de soi, mais sur toute la terre : qui ont une existence propre, marchent librement, font des efforts joyeux, construisent patiemment dans le même sens, leur Temple intérieur, le même idéal, pour ensuite agir, si ces fondamentaux ne sont pas respectés, c’est notre plus belle destinée.
Alors tout est possible, possible de croire et faire confiance, possible d'entreprendre et de prolonger, possible d'être soi... et d'aimer les autres, en même temps, possible de tout dire et de tout écouter...
La Fraternité au Bnai Brith, c'est un pacte contre l'égoïsme, l'indifférence, l'incompréhension, cela doit être un pacte de foi et d'espérance déjà sur la terre : en soi et dans les autres, en l'humanité tout entière, en la paix et la vie, cela doit être aussi un pacte de disponibilité permanente, d'inspiration et d'action toujours prêtes à intervenir.
En fait, la Fraternité au Bnai Brith c'est tout simplement reconnaître l'Homme, son frère, dans sa personnalité, sa dignité, son intégrité, sa liberté, son égalité et c'est vouloir, vivre avec cet autre Homme, ce Frère ou cette sœur, reconnu comme tel.
Nous devons être nos propres héros, nos héros réciproques « puisque nous croyons en nous-mêmes » et que notre Fraternité l'atteste.
N’est-il pas dit dans le Misanthrope : « Ce n'est pas que je méprise les hommes, mais, plutôt, que j'en cherche et que je ne trouve guère... Les Hommes ont retrouvé les Hommes. Ce n'est pas qu'ils soient tous semblables. Chercher son semblable ne signifie pas que l'Autre soit semblable à soi I Au contraire ! »
Comme l'écrivait PauI VALERY : « Nous nous enrichissons de nos mutuelles différences, mais chacun est soi, exprimé, réalisé ou en passe de l'être ».
En d'autres termes encore, la véritable attitude fraternelle ne consiste t-elle pas à être soi-même, en toute simplicité, avec d'autres hommes, qu’ils soient devenus frères et sœurs ou pas d’ailleurs, qui ne demandent également qu'à être eux-mêmes, en toute simplicité ?
L'un des grands bonheurs auquel nous pourrions travailler, c'est justement la saveur de cette fraternité fondamentale que nous sauront exprimer et pour en faire jaillir toute la rareté.
Notre tâche au bnai brith, ou tout du moins telle que je la perçois, cela doit justement être, dans une réelle fraternité, de faire entendre la voie de la communauté, sous un angle différent, sans rien renier de nos origines, qui pourrait être comme le disait la définition de la fraternité : de prodiguer la tolérance et le respect mutuel des différences, et ainsi remplir une part de notre mission, concourir à la paix.

Merci












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Histoire du Peuple Juif | Amour Fraternel | Livre Blanc Pour la Citoyenneté et Contre l’Antisémitisme