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Le pouvoir du dialogue interreligieux pour une France apaisée


Mardi 17 Février 2015

Ce début d'année 2015 est terrible pour la communauté juive, pour la République, et plus largement pour l'Europe. A Paris comme à Copenhague, la liberté a été attaquée. A Paris comme à Copenhague, la Police a été attaquée. A Paris comme à Copenhague, les juifs ont été attaqués.



Le pouvoir du dialogue interreligieux pour une France apaisée
Ce sont les fondements mêmes de notre société qui sont visés par des obscurantistes qui au nom d'une religion tuent ceux qui sont différents d'eux.
Que ce soit à Toulouse, à Bruxelles, à Paris, à Copenhague.
Que ce soit ici ou ailleurs, chacune des cibles, symboles du vivre-ensemble, est soigneusement sélectionnée pour nous dire « nous combattons vos valeurs de liberté, de démocratie et de tolérance ».
 
L'antisémitisme, l'intolérance, le rejet de l'autre veulent mettre à genoux notre société.
Lutter contre ces maux n’est pas chose facile et prendra du temps ; tous les moyens à la disposition de notre démocratie devront être utilisés.
A juste titre, les plus hautes autorités de l'Etat leur ont déclaré la guerre. Et tous les défenseurs de la République et de ses valeurs devront y participer d'une façon ou d'une autre. 
 
Certes, la réponse passera par la répression. Certes, l'éducation devra également occuper une place centrale dans ce dispositif.
Mais au-delà, nous devons aujourd’hui autant qu’hier prendre conscience du rôle et du pouvoir du dialogue interreligieux  dans la recherche d’un apaisement dans les relations humaines, préalable indispensable au dialogue.
 
Aujourd’hui autant qu’hier nous devons comprendre l'impériosité et la spécificité du dialogue interreligieux pour que les écoles françaises retrouvent le sens des responsabilités et le chemin de l’enseignement du respect mutuel.
 
La réponse du peuple de France a été ce merveilleux rassemblement fraternel du 11 janvier, où 4 millions de personnes, comme une chaine humaine, ont pacifiquement dit non à la haine, non à la barbarie oui aux valeurs judéo-chrétiennes d’amour et de respect de l’autre, oui aux valeurs républicaines de liberté d’expression.
Ces 4 millions de femmes, d’enfants, d’hommes ont dit tous ensemble « nous n’avons pas peur, nous sommes debout, et nous gagnerons ». 
 
Au-delà des mesures sécuritaires de court terme, indispensables à notre protection et à celle de nos enfants, cette volonté de dialogue, cette espérance de dialogue, est la meilleure des réponses à long terme face aux intolérances, aux extrémismes et aux haines qui nous assaillent.
C'est pourquoi ce chemin qui trouve ses racines dans l'histoire profonde de notre pays constitue encore et toujours une piste essentielle pour notre avenir commun.
 
Mais revenons à l'histoire, dont les enseignements nous sont aujourd'hui si précieux.
 
Pour le dialogue entre Juifs et Chrétiens, Nostra Aetate, promulgué par Paul VI, fut non pas le point de départ mais le pas décisif à l'arrêt du mépris, de l'exclusion et de l'ignorance des juifs par les catholiques.
 
Nos amis protestants avaient commencé bien avant ce travail.
 
Avec la Shoah, le comble de l'abominable a été atteint.
Après 2000 ans de séparation, de rupture et de haine, la Shoah avait donc rendu urgent et inéluctable cette reconnaissance des juifs par les chrétiens.
 
Mais 50 ans, c'est peu pour ce travail intellectuel et spirituel dans un nouveau contexte multiculturel et un pluralisme religieux complexe.
 
Si cette spécificité du dialogue judéo-chrétien relève de l'évidence, le chemin aujourd'hui de cette connaissance mutuelle est loin d'être une évidence tandis que l'extrémisme religieux porteur de haine se répand dans notre pays.
 
Ces questions ont fait l'objet d'un large débat dans l’enceinte prestigieuse du collège des Bernardins lors du colloque organisé par le B’nai B’rith France le 18 janvier 2015.
 
Ce colloque avait pour objectif de permettre à nos communautés se réclamant du même Dieu mais avec une conception différente de la vocation de l'homme, d'avancer dans ce domaine complexe de la rencontre avec l’autre et dans la recherche du « vivre ensemble » qui repose sur la reconnaissance authentique de la pluralité.
 
Ce dialogue est essentiel pour trouver des moyens pour que la majorité chrétienne s'intéresse aux juifs et la minorité juive à tous les chrétiens, pour que nous sentions le besoin d'être proche dans notre foi, dans nos références éthiques et notre espoir pour le monde.
 
En 2015, la haine s'exerce contre les juifs, les chrétiens et l'occident. On reconnaît donc juifs et chrétiens comme frères dans cet occident que nous avons construit ensemble.
 
Les valeurs judéo-chrétiennes sont désignées comme ennemis et combattues avec ce fanatisme que nous avons tenté d'extirper et qui renaît caché derrière un monothéisme qui semble si proche.
 
Nous voilà donc tenus de nous unir contre un vieil ennemi, le fanatisme religieux.
 
Ce vieil ennemi est toujours aussi musclé mais nous vaincrons, nous juifs et chrétiens frères comme l'a dit superbement Jean Paul II.
 
Nous vaincrons avec l'amour, la sagesse, la mémoire, avec nos valeurs éternelles pour avancer dans ce domaine complexe de la rencontre avec l’autre se réclamant du même Dieu.
 
Exode: « Dieu dit encore à Moise: Tu parleras ainsi aux fils d'Israël: le Seigneur, Dieu de vos pères, Dieu d'Abraham, Dieu d'lsaac, Dieu de Jacob, m'a envoyé vers vous. C'est là mon nom à jamais, c'est ainsi qu'on m'invoquera d'âge en âge ».
 
Matthieu: « Et pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu la parole que Dieu vous a dite: Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ? Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ».
 
Ayons en mémoire pour conclure les mots d’Albert Einstein  « Nous ne pouvons  pas désespérer  des hommes, puisque nous sommes  nous-mêmes  des hommes . », et ceux d’Hemingway « Le monde est un endroit magnifique pour lequel il vaut la peine de se battre ». 








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