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La sortie d’Egypte n’est pas terminée


Jeudi 13 Avril 2017

Tribune Libre de Philippe Meyer Vice Président du B’nai B’rith France



La sortie d’Egypte n’est pas terminée
En cette veille de Pessah, c'est peu de dire que nous vivons dans un contexte difficile et inquiétant. Les attentats islamistes se multiplient partout avec la même barbarie et la même lâcheté. Après Stockholm il y a quelques jours, ce sont les chrétiens coptes d'Egypte qui en ont payé hier un très lourd tribut. En Syrie, la tragédie de l'attaque chimique décidée contre des civils, dont des enfants, a conduit à une réaction forte des Etats-Unis qui accentue encore les incertitudes pour l'avenir de la région.
 
Concernant Israël, la campagne de deligitimation se poursuit. L'Unesco va bientôt voter une nouvelle résolution proposée par les pays arabes et qui devrait en toute vraisemblance aller dans le même sens que les précédentes, même si un ton plus contenu pourrait être adopté pour en réalité mieux endormir l'attention de la communauté internationale et donc fédérer encore davantage contre Israël. La décision de la France lors de ce vote risque encore de nous décevoir, une fois de plus.
 
En France justement, rien n'est là pour nous rassurer. Le terrible drame de l'assassinat de Sarah Halimi (z’l) dans le 19eme arrondissement de Paris nous a tous bouleversé et révolté. La marche blanche en sa Mémoire hier matin a été émouvante et digne. Malheureusement elle s'est achevée par des provocations antisémites ignobles qui nous ont rappelé, si besoin était, à quel point la haine des juifs est de plus en plus rependue dans notre pays. L'enquête sur ce terrible meurtre est en cours. Elle ne retient pour le moment pas le caractère antisémite ni ne n'exclue. Attendons son issue, mais quoi qu'il en soit, au vu des premiers témoignages, l'assassin savait que sa victime était juive et on a du mal à penser que cela n'a pas eu de rôle dans cette tragédie.
 
Et pour finir, la campagne présidentielle reste folle, imprévisible et dangereuse. Tout reste possible. Même le pire. Les populistes profitent d'un climat de peurs et de rejets de tous ordres, d'un système jugé comme usé, d'une mondialisation mal acceptée et d'un terrorisme installé. Ce dimanche, nous avons vu la candidate de l'extrême droite nier la responsabilité de la France dans le crime du Veld'hiv et renouer ainsi avec le négationnisme de son père. Rien n'a changé. Nous avons également vu le candidat de l'extrême gauche, profondément antisioniste, gagner les faveurs de l'opinion grâce à un discours démagogique. Un duel final entre ces deux sinistres personnages marquerait le déshonneur de la France et ouvrirait la voie à une longue phase de déclin et de dangers.
 
Il sera capital de se mobiliser pour aller voter le 23 avril et le 7 mai prochains, et pour faire barrage aux extrêmes si éloignés de l'histoire et des valeurs du judaïsme. Ces extrêmes et leurs références historiques ont toujours été nos ennemis et les soutiennent encore aujourd'hui. Chaque voix compte pour dire non à ce danger. Il conviendra de tout faire pour que le second tour oppose deux candidats républicains, crédibles et responsables, afin que la France sauve son honneur et reste digne de ce qu'elle est et de ce qu'elle représente.
 
Dans ce climat difficile, porteur de grandes inquiétudes et de risques pour notre avenir, le B’nai B’rith a un rôle majeur à jouer. Son histoire, son ADN et ses valeurs sont plus que jamais d'actualité. Comme le sont son message de fraternité et d'humanisme, et ses combats contre la haine et pour la vérité qui ont aujourd'hui une résonnance toute particulière. Nous avons tous une grande responsabilité pour faire face à ces défis majeurs et historiques qui sont devant nous. 
 
Autour de la table du Seder, nous commémorons ce soir la libération et la naissance du Peuple juif à travers le récit de la Haggada. Ce combat n'est pas achevé. Nous le voyons tous les jours. Les menaces contre le Peuple juif, et plus généralement contre la démocratie et les valeurs de la République restent présentes, notre mobilisation l’est également.  Non, la sortie d’Egypte n’est pas terminée.
 
Continuons tous de vivre notre liberté dans l'harmonie et la fraternité pour continuer de la construire ensemble dans une société apaisée.
 
Pessah Cacher Vesameah.








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