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L’ENSEIGNEMENT DU MEPRIS DE JULES ISAAC


Mercredi 14 Décembre 2011

Une planche présentée à la Loge Jules Isaac par Marc Ohlgusser
Loge Jules Isaac



L’ENSEIGNEMENT DU MEPRIS DE JULES ISAAC
Loge Jules Isaac
L’ENSEIGNEMENT DU MEPRIS DE JULES ISAAC
Quelques mots sur Jules Isaac
Né en 1877 ; mort en 1963. 2 périodes dans sa vie, Rencontre avec Pie XII et Jean XXIII. Fondateur de l’amitié judéo-chrétienne. Je ne m’attarderai pas sur la vie de ce grand historien mais j’ai souhaité vous résumer un des aspects de son combat.
JI est historien, CAD un scientifique. A ce titre, Il s’attache à comprendre comment dans une civilisation judéo-chrétienne ou le Christ est un juif, la Shoa a-t-elle été possible.
Son travail et son combat, démontrent que les racines profondes de l’antisémitisme non seulement proviennent du Christianisme mais que le christianisme n’a eu un essor possible que grâce à cet antisémitisme.
L’action de l’historien auprès des plus hautes instances chrétiennes amena la réforme de la catéchèse VATICAN 2.
JI considère que cet enseignement du mépris existant dans l’enseignement des religions chrétiennes est en grande parti responsable de la perpétualisation de l’antisémitisme.
AVANT PROPOS
L’intérêt de ce sujet est de pouvoir en discuter avec les Chrétiens.
Comprendre l’enseignement du mépris permet d’en démonter ses rouages afin d’extirper les racines chrétiennes de l’antisémitisme
Pour JI, l’enseignement du mépris ne peut être combattu que par l’enseignement de l’estime. II souhaite rétablir l’histoire, car on ne battit pas la Vérité sur l’erreur.
2 CONSTATATIONS PRELIMINAIRES
1 Tout d’abord, on constate l’antagonisme suivant : L’A EST PAR SON ESSENCE MEME NON CHRETIEN Un chrétien ne peut être antisémite.
Et pourtant, en opposition absolu, conscient ou subconscient l’antisémitisme est profondément enraciné en Chrétienté.
Le Thème de l’universel antisémitisme (cher à la théologie) indique que l’Ant s’est manifesté de tous temps, en tout lieu et bien avant l’EC (donc pas de responsabilité chrétienne). Les responsables sont les juifs eux mêmes par leur intransigeance religieuse, séparatisme, inassimilation persistante au sein des autres peuples…..
L’historien dit qu’il n’existe pas de vérifications historique et qu’il s’agit d’une erreur. Il a existé un Ant païen, pré Chrétien mais localisé dans le temps et dans des lieux dans des circonstances précises
Exemple : Les juifs déportés au VI e s avant ec ont vécu paisiblement et prospérés. Babylone devient à cette époque un foyer du judaïsme.
Intransigeance religieuse : vrai dans l’antiquité, car la fidélité a un dieu unique, à la Tora, et du fait que les juifs vivent dispersés parmi les païens, le séparatisme provoque la méfiance, l’hostilité, incompréhension, mépris. Cad que la 1ere source de l’Ant est religieuse ; mais peut on accepter que les Chrétiens ou muslims nous le reprochent car c‘est cette intransigeance qui a permis de transmettre le flambeau du Monothéisme.
Evangiles selon st Marc : quel est le 1er de tous les commandements (de la loi) demande à jésus un scribe : jésus répondit : Ecoute Israël, le seigneur notre dieu, le seigneur est un.
Cette Ant pré chrétien est de nature vulgaire. Les juifs connaissent des persécutions épisodiques
Bataille économiques à Alexandrie Grecques/juifs Romains/juifs car Juifs sont révoltés, insoumis, séditieux et indomptables.
A contrario, Ptolémées les utilisent comme soldats, douaniers, agents du fisc, généraux d’armée…
Romains, la religion juive est la seule à être licita (officiellement tolérée). Le judaïsme au contraire exerce une forte attirance : bcq de sympathisants « craignant dieu »fréquentent les synagogues.
Nous pouvons affirmer que l’Ant païen est le plus souvent une réaction spontanée, exceptionnellement dirigée et organisée.
Par contre, l’Ant Chrétien est infiniment plus nocif et plus durable car il se prolonge de nos jours à cause de son origine théologique.
2 Pourquoi l’enseignement du mépris ?
Simple secte juive à l’origine, le Christianisme s’efforce de rallier les masses juives (non sans succès) par la voix des apôtres juifs et malgré l’opposition des autorités, on assiste à un nombre croissant d’adhésions.
Cependant, dès le dernier tiers du 1er s, le judéo-christianisme primitif fait place à un antagonisme judéo-chrétien. Si les causes sont nombreuses et complexes, le fait essentiel est l’arrivée du jour ou le christianisme tourné vers la gentilité, (païens),s’affranchit de la Tora et se heurte à l’hostilité du judaïsme.
De ce fait en découle un autre :
Le Christianisme en terre païenne se heurte à une opposition juive qui refuse de reconnaître Jésus comme Messie et Fils de D.
Cette négation obstinée irrite les Chrétiens car elle apparaît pour les païens comme un démenti cinglant des affirmations chrétiennes. Surmonter cet obstacle est fondamentale car les synagogues continuent d’exercer une forte attirance sur les
païens mais également sur bcq de nouveaux chrétiens enclins à se judaïser.
La solution va consister à ruiner le prestige de l’adversaire en le discréditant.

Cet effort va se retrouver de manière constante et croissante jusqu’au IV s, date de la victoire de l’Eglise sur l’Empire (religion d’état).
Ce discrédit est « perceptible » dans la rédaction des 4 Evangiles canoniques plus visibles dans les apocryphes et porté au maximum par les pères de l’Eglise au IV s car la religion de l’Empire n’a plus à ménager ses adversaires
C’est ainsi que se forma l’enseignement du Mépris qui ira de pair avec le mépris de la vérité.
Après ces deux constatations préliminaires nous allons aborder les trois thèmes principaux de l'enseignement du mépris.
1 LA DISPERSION, CHATIMENT PROVIDENTIEL
2 LE JUDAISME DEGENERE AU TEMPS DE JESUS
3 LE PEUPLE DEICIDE
1) LA DISPERSION CHAT. PROV DE LA CRUXIFICTION
Les commentaires théologiques ont faussé depuis 1700 ans totalement le fait historique.
JI nous invite a distinguer la dispersion en tant que fait historique et la dispersion mythe théologique.
Car en effet, si la théologie dépasse l’histoire elle doit néanmoins lui rester liée.
L’histoire est en droit de demander des comptes à la théologie et de restituer la vérité. A force d’endoctrinement de chaque génération, les mythes sont devenus une vérité indiscutable au point que parmi les hommes cultivés, les libres penseurs et
même parmi les juifs ce mythe de la dispersion est fréquemment accepté comme tel.
A LE MYTHE THEOLOGIQUE
Il est de règle dans toutes les théologies de présenter aux peuples les malheurs qui les frappent comme le châtiment de D ieu, la théologie Chrétienne enseigne communément que la dispersion est le châtiment divin de la crucifixion.
D’après les études, la mise en croix se situe chronologiquement vers les années 29 ou 30. Il faut que la Dispersion d’Israël soit postérieure à ces années. Il est enseigné qu’elle est intervenue 40 ans après vers l’an 70 (année véritablement néfaste car prise de Jérusalem par Titus après 4 ans d’une guerre soutenue par un puissant Empire contre un petit peuple rebelle que sont les juifs de Palestine avec en outre la destruction du second Temple sanctuaire de l’orthodoxie yahviste).
L’affirmation que cette date capitale, marquant la fin de la nation juive et la dispersion dans le monde entier, est courante dans la théologie C+ depuis des temps anciens qui remontent au 3e s. d’abord par les pères de l’église, mais au cours des 17 siècles suivant.
3e s ;ORIGENE ; il fallait, en csq (du plus abominable forfait) que la ville ou Jésus souffrit ainsi fut détruite de fond en comble, que le peuple juif fut chassé de chez lui….
Au 4e s, s’expriment à l’identique tous les pères de l’église
Ex : traité de st augustin « De la cité de dieu » : « pour les juifs qui ont fait mourir le Christ et n’ont pas voulu croire en lui, ils ont été chassé de leur pays par les romains et dispersés par toute le terre »
Ces affirmations sont reprises au cours des siècles y compris jusqu’au XXe tant par les écrivains catholiques que protestants, universitaires ou théologiens.
(Même des juifs le répètent encore aujourd’hui)
Après 1800 ans de répétition, ce mythe est fortement ancré, il est ajouté le ton coutumier du mépris à l’égard des juifs.
Pourtant cette thèse n’est suggérée ni par les Evangiles ni par l’histoire.
B LA VERITE HISTORIQUE
La vérité est que la Dispersion a commencé plus d’un demi-millénaire avant l’ec.
L’analyse de la Dispersion apparaît comme un phénomène d’une ampleur et de complexités importantes.
Début à partir IX e s avant ec.
Un texte biblique paraissant historiquement valable, permettrait de remonter jusqu’au temps d’Achab roi d’Israël au IX e s avant ec. Les hébreux peuple prolifique, auraient essaimé en Syrie, à Damas ou un quartier de la ville leur était réservé.
Vraisemblablement aussi en Egypte dès le VIII e s.
Mais la D prend de l’ampleur ensuite en 3 phases.
1)La première phase :
La D prend de l’ampleur après la destruction des 2 états en 722 pour le royaume de d’Israël et en 586 pour le royaume de Judas. Il y eu à chaque conquête des déportations + ou – massives vers la Mésopotamie ou des fuites de population vers l’Egypte. Après la victoire (50 ans après) de Cyrus il semble qu’une majorité de déportés restèrent vivrent sur leur terre d’exil.
Ce qui signifie qu’à partir du 5e s avant ec, outre le foyer palestinien reconstitué autour du Temple rebâti, le peuple Hébreux eu 2 autres principales lieu de résidences, Babylone et l’Egypte ce qui n’exclut pas d’autres dissémination à travers le monde perse, l’Arabie, les îles méditerranéennes.
Il est probable que certaines communautés isolées aient fini par se fondre parmi les autres populations mais la caractéristique des communautés en Diaspora issues pour la plupart du Royaume de Juda est la foi religieuse, la fidélité. Les exhortations des Prophètes Ezéchiel et Isaïe leur ont valu de rester à l’écart, regroupés en communauté distinctes.
2)La deuxième phase :
C’est la plus importante, elle correspond à la période hellénistique (des conquêtes d’Alexandre à la conquête romaine soit du IV au II s avant ec). La D prend une nouvelle extension et gagne tout l’orient méditerranéen et le Proche Orient asiatique. La mort d’Alexandre génère des guerres incessantes entre notamment les 2 puissances hellénistiques : Ptolémées (ou Lagides) en Egypte et la monarchie Syrienne des Séleucides. La Palestine de par sa géographie sert de champs de batailles, passe d’une domination à l’autre, dévastations, razzias, vente sur les marchés d’esclaves de milliers de captifs judéens.
Mais comme ils sont généralement instruits, ingénieux et laborieux ils parviennent pour la plupart à s’affranchir, aidés par les communautés de la D qu’ils renforcent ou en créent de nouvelles.
Les Judéens sont réputés comme de bons pionniers, bons défricheurs de terres, bon soldat et serviteurs loyaux, les Lagides et Séleucides transportent par milliers leurs sujets Judéens principalement vers les régions frontières de leur Empire.
Ils fondent des colonies à la fois militaires et agricoles.
Alexandrie devient une ville mi grecque, mi juive d’ou l’ardente concurrence économique générera nous l’avons vu, l’Ant païen. Les Judéens sont aussi marchands, artisans et pratiquent les métiers urbains et la finance.
3)La troisième phase :
Elle s’étend avec la paix romaine. Du II s avant ec au début du IV ap ec et l’Empire Chrétien.
La paix permet le développement intense de la vie économique et les échanges d’un bout à l’autre de la Méditerranée.
C’est a cet époque que les juifs se répandent dans l’occident, Italie, Gaule, Rhénanie, Espagne, Maghreb bien que la principale source demeure la vente d’esclaves.
Dans un premier temps, les dynasties macchabéenne ou asmonéenne furent alliées de Rome, mais quand l’Empire s’établit en Orient, le joug pesant Romain fut mal supporté par le peuple de Judée, séditieux, prompt à la révolte. Après les armées Grecques, les Légions Romaines interviennent en 63 av ec (Prise de Jérusalem par Pompée, vente de milliers de captifs).
Ces arrivées ainsi que la force des convictions et observances religieuses les empêche d’être absorbés par le milieu païen, bien au contraire, Chaque communauté de la D recrute parmi les habitants y compris une proportion parfois élevée de craignant-D ieu qui modifie le caractère de la D et jouera par la suite un grand rôle dans la propagation de la foi chrétienne.
Tel est l’état de la D avant l’an 70.
CONCLUSION DE PARTIE 1
En proportion, la population juive est importante dans le monde.
En Cyrénaïque, après les déplacements fait par les Ptolémées, Strabon (géographe grecque) remarque qu’ils forment une part notable de la population. Il écrit … « ont pénétré dans tous les états, et il n’est pas facile de trouver dans le monde entier un seul endroit ou ce peuple n’est pas été reçu et n’ait pas acquis une situation dominante ».
Selon les estimations les plus probables leur nombre était de 6 à 7 millions dont 2 millions en Palestine ? La population globale de l’Empire est évaluée à 60 millions.

Dans les provinces orientales de l’Empire on évalue à 20% de la population.
La théologie C+ affirme alors que l’an 70 marque la D totale, définitive et donc, pour répondre et en terminer avec ce premier thème, il reste à se demander si la D était achevée à cette époque ?
Les constatations de l’histoire ne permettent pas de dire et d’affirmer que le judaïsme palestinien, définitivement dispersé par le  Romain vainqueur a dès lors cessé d’exister.
Les prédictions de Jésus (Luc) prévoient que Jérusalem et la Judée seront ravagés, il y aura des morts et des captifs, la mainmise des Gentils sur Jérusalem mais rien de plus.
Effectivement, les juifs ont subi une épouvantable saignée :
1100 000 morts, (Flavius Joseph qui a participé et vécu cette guerre), 97 000 esclaves qui augmentent les D.

Pourtant, les preuves de sa survie existent, car 60 + tard (132) sous Hadrien débute une 2e guerre aussi dure que la première (132 à 135). Résister pendant 3 ans aux armées de l’Empire n’est pas le fait d’une poignée de rebelles.
Le soulèvement des juifs fut d’une telle violence que « la terre entière en fut ébranlée » (Dion Cassius, historien).
Hors pas plus en 70 qu’en 135, les judéens n’ont jamais été définitivement expulsés de leurs pays et dispersé.
Effectivement, le paysage de l’époque est désastreux. Population décimée, baisse des prix sur le marché aux esclaves, Jérusalem interdite aux Judéens. Mais bien qu’il ait perdu sa force militaire, il a gardé toute son activité spirituelle.
Ecoles rabbiniques nombreuses qui fixent la tradition orale par écrit (Mishna) et son commentaire (Guemara). Talmud de Jérusalem et Babylone (II au V). Après 135, les Romains reconnaissent officiellement Le Patriarche chef religieux du judaïsme, honoré comme un roi. (Il reste du monde …..)
Ni en 70, ni en 135, jamais il a existé une dispersion définitive. Le Judaïsme palestinien soumis et occupé s’est progressivement réduit. Au IV e s il a repris suffisamment de vigueur pour se révolter contre Constance. Au VIe s, révoltes avec la Samaritains contre Justinien qui brime le judaïsme. Au VII e s, s’allie au Perse contre les Byzantins, aux arabes contre les croisés. (Massacres, Captifs, fuites)
Au XII e s, pratiquement plus de juifs à Jérusalem.
THEME N°2. AU TEMPS DE JESUS LE JUDAISME EST DEGENERE.
Ce thème trouve sa source quand les C+ affirment que par la venue du Messie la loi se trouvait accomplie et dépassée. Pour eux les juifs s’attachent à la lettre et non à l’esprit et sont incapables de comprendre le véritable sens de leurs propres écritures.
Les pères de l’Eglise reviennent constamment sur le sujet. Mais aussi calvin et autres

La démonstration du contraire s’effectuera en 2 temps.
1) L’argumentation historique existait avant Qumran,
2) dont la découverte apportera la confirmation.
1°Depuis le II s avant ec jusqu’au début de l’ec, O n constate qu’il existe :
-Une richesse de la littérature religieuse juive, canonique ou non (Livre de Daniel, Livres des Macchabées, testament des 12 patriarches, Livre des jubilés, Livre d’Hénoch, Psaumes de Salomon…..).
-Une résistance tenace acharnée contre le paganisme grecque puis Romains.
-Un développement des Synagogues qui sont une institution unique dans le monde ancien, culte spiritualisé, dépouillé avec uniquement prières, cantiques, lecture et commentaires ou Jésus d’après les Evangiles n’a jamais cessé d’enseigner.
-Un Rayonnement de l’influence religieuse juive dans le monde païen, à Rome et dans l’empire ou le repos hebdomadaire sabbatique devient une institution.
Autour des Synagogues, il y a un nombre croissant de sympathisants, soit prosélyte (converti), soit craignant-d ieu (centurion de l’Evangile).
2°Les découverts de Qumram ressuscitent une des pri ncipales sectes juives existante au temps de Jésus.
Les Esséniens avec un Maître de justice qui défini et fixe la Nouvelle Alliance par la pureté, la noblesse, l’élévation de la vie religieuse. Juifs de la plus stricte observance, qui respectent tous les commandements de la Tora.
Ils pratiquent des bains quotidiens de purification. Le Manuel de Discipline proclame que la purification du corps n’a de valeur devant D ieu que si elle va de pair avec la purification de l’Esprit. Ils sont d’une humilité totale, et soumission absolue devant D ieu est le principe de la Nouvelle Alliance.
Si la doctrine du sage iranien Zarathoustra ou Zoroastre fin du VII e s avant ec (concernant l’existence de 2 mondes opposés), influence le Judaïsme (Psaumes,Proverbes bibliques, Livres de Daniel et d’Hénoch) elle constitue un élément fondamental de la doctrine secrète Essénienne.
Jésus a t il été influencé par les Esséniens ? Il est que probable que Jean le Batiste qui prêche dans le désert de Judas et qui pratique le bain de purification aurait pu être Esséniens ou essénisant. Mais les différences entre le Maître de Justice et Jésus sont plus importantes que les analogies.
Qumran révolutionne non seulement le judaïsme pré chrétien mais également les origines chrétiennes.
En effet, l’influence des Esséniens est manifeste dans l’organisation des premières communautés C+ et dans la rédaction des Evangiles (Jean), Epître de Saint Paul. Les Esséniens sont devenus C+ en majorité.
On constate donc que ce soit le Judaïsme Traditionnel ou les diverses sectes ou déviances, il est clair qu’il n’y avait pas de dégénérescence de la Spiritualité, car le refus des compromissions, les problèmes temporels de l’occupation du pays et
une époque Messianique effervescente ont généré le contraire.
Qumran apporte la révélation éclatante des racines juives plus importantes que la théologie souhaitait le montrer. On plonge ici dans un judaïsme marginal, en marge du judaïsme officiel, austère, ascétique, brûlant d’une foi fervente et suivant un prêtre juif, leur Maître de Justice.
Loin d’être sclérosé le Judaïsme est traversé par des courants de piété ardente. Certains se réclament de Maîtres Comme Hillel, d’autres du Maître de Justice. Divisé, mais pas dégénéré.
THEME N°3 LE PEUPLE DEICIDE
Cette accusation est née, comme les précédentes, dans le climat polémique judéo-chrétien qui s’amplifie du I au IV s ec. On constate une violence et une permanence de l’accusation. Dans ce climat de calomnies, apparaît le thème principal de l’Israël-Caïn, Israël-Judas, du peuple meurtrier, déicide,
L’enseignement C+ supprime toute réalité historique. Ponce Pilate procurateur tout puissant de Judée, soldats romains, disparaissent quasiment. La théologie C+ transforme l’Israël crucifié en l’Israël crucificateur.
Contre les minorités dispersées en pays C+, aucun thème n’a été plus nocif, plus meurtrier que celui de déicide.
L’accusation de déicide ne peut avoir une quelconque signification. Comment un peuple qui avait élaboré la foi en un D ieu un, éternel pouvait ils saisir la signification de ce mot ?
La foi C+ est basé sur le mystère de l’Incarnation CAD, D ieu incarné dans la personne Humaine du Juif Jésus. Cet homme, ouvrier puis prêchant son Evangile en Galilée sous Tibère vers l’an 28 sera arrêté et crucifié après un en ou deux d’Evangélisation.
Pour que cette accusation puisse avoir quelques fondements, il faudrait que différentes conditions soient respectées.
-que Jésus se soit révélé au peuple juif non seulement comme le Messie-roi tant attendu, mais également comme D ieu incarné ;
-que la responsabilité du peuple juif soit évidente dans la crucifixion y compris la majorité n’habitant pas en Palestine.
Or, personne n’ose assurer que Jésus s’est présenté comme tel devant le peuple, car se serait rejeter les textes les plus authentiques des Evangiles.
La doctrine C+ enseigne clairement la dualité de Jésus en tant qu’homme durant sa vie humaine et en tant que D ieu ensuite.
En tant qu’homme, Jésus relève de l’histoire et seule l’histoire peut nous dire quel est le rôle respectif des juifs et des Romains dans la condamnation et la mise en croix.
Sur le plan C+, en tant que fils de D ieu et possédant la nature divine, Jésus relève de la Théologie.
L’accusation de déicide procède d’une dangereuse confusion des plans théologique et historique
Toutefois, il existe dans la théologie un angle méconnu des C+, la responsabilité juive est subordonnée à la responsabilité collective de l’humanité pécheresse.
Cette saine doctrine est malheureusement panachée d’un antijudaïsme traditionnel (Pape Grégoire 590 604) Ceci est reconnu tardivement et inscrit dans la catéchèse au Concile de Trente 1545-53. Soit ignorée pendant + 12 s.
A partir de la mort de Jésus, durant les 30 premières années Les juifs vont perdre de plus en plus de liberté face aux Romains. Une oligarchie corrompue et cruelle ne représente pas le peuple qui combat l’envahisseur idolâtre (Zélotes) et reste prêt à s’enflammer. Toutes révoltes sont violemment réprimées (après la mort d’Hérode, Varus, Légat de Syrie, fait crucifier 2000 juifs). Entre ces 2 extrêmes, Pharisiens et Esséniens bien qu’anti Romain, s’en remettent à D ieu et au Messie pour libérer le peuple.
La Crucifixion n’est connue que par les Evangiles.
L’historien n’a aucune preuve du procès et de la condamnation et ne dispose que des récits évangéliques reconnus par tous comme étant de la catéchèse destinés à apporter la démonstration des vérités de la foi.
Sans être dénués de toute valeur historique, il faut en dégager la vérité historique, difficulté importante car sur les points cruciaux, les 4 Evangiles sont en désaccord.
Les Evangiles auraient été rédigés vers le derniers tiers du 1er s, ce qui n’exclut pas des remaniements postérieurs. (+ Anciens manuscrits datent de la fin du IV e s).
La question que l’on doit se poser pour comprendre est :
Où en est l’Eglise à ce moment ?
Rupture définitive avec la Synagogue
Le C+isme primitif n’est plus qu’une secte à l’écart, bientôt hérétique,
Suite au rejet de la Tora, le recrutement juif commence à se tarir, l’apostolat C+ (Saint Paul) se tourne vers la gentilité païenne. Les guerres de Judée (66-70), acharnée et meurtrière entraînent une campagne judéophobe à Rome ce qui incite les C+ à se désolidariser et à se concilier avec l’autorité romaine d’ou une évidence :
Tous les récits évangéliques tendent à réduire la responsabilité romaine et augmenter la responsabilité juive.
Et une conclusion, l’historien devra analyser les récits évangéliques de la Passion comme des témoignages à charges contre les juifs.
A l’appui de ces constatations générales, il est intéressant de prendre 2 exemples précis, probants et indiscutables.
1°Une étude critique des textes met en évidence un e constatation frappante :
Le nom du grand Prêtre en exercice est ignoré ou mal connu des évangélistes.

Lui qui aurait le rôle principal. Le plus curieux est qu’il s’agit de Joseph dit Caïphe, Kaiaphas qui conserva sa charge 18 ans durée exceptionnelle qui démontre sa docilité vis à vis du procureur Romain Ponce Pilate 26 à 36. (Sur lui, personne n’hésite sur son nom…..)
On est en droit de déduire que logiquement la part effective du Hiérarque dans l’action engagée contre Jésus ne fut pas aussi prédominante que les Evangélistes le suggèrent.
2° La croix, supplice romain imposé Pilate et non Caïphe. On retrouve certains éléments historiques notamment en ce qui concerne Pilate. (Philosophe Philon d’Alexandrie: « ses méfaits, vexations, ses rapines, ses injustices, ses outrages, les citoyens qu’il fait périr sans jugement, son insupportable cruauté » Autre témoignage de l’historien Flavius Joseph et de Luc dans son évangile « massacre de galiléens ordonné par Pilate»
Comment peut-on encore imaginé que cet homme de sang soit devenu un brave homme soucieux d’innocenter Jésus, cédant malgré lui à la pression des autorités juives et du peuple lui-même acharné à faire supplicier l’un des siens, Jésus, par les Romains détesté. Ou comment d’un peuple crucifié on réussit à en faire un crucificateur.
La principale difficulté consiste à réintégrer la vérité historique dans les Evangiles. On remarque la tendance chronologique d’exagérer la responsabilité juive et que l’évangile de Jean va parfois en sens inverse de la tendance dominante.
.Premier fait essentiel : les mesures prises contre jésus ont été prises à l’insu du peuple.
Deuxième fait : qui prend la décision ? Les 4 disent les juifs et aucun ne parle curieusement des Romains, alors que l’on est peu de temps avant Pâques, infiltration de Zélote, le procurateur vient exprès de sa résidence de Césarée pour veiller au maintien de l’ordre et les Romains n’ont aucune part ?
Est il envisageable que la troupe romaine, commandé par un officier supérieur qui a arrêté Jésus était aux ordres de Judas ou Caïphe ? La preuve du contraire est apporté dans l’Evangile de Jean qui seul parle de la troupe romaine.
Jésus captif. 3 évangiles sur 4 mentionnent une ou deux comparutions devant le Sanhédrin, l’Evangile de Jean s’oppose encore en ne mentionnant aucun procès juif de Jésus. Le seul procès dont Jean parle est le procès romain.
En résumé, les résultats des ces analyses sont limités mais essentiels et nous montrent simplement que Jésus est mort victime de l’autorité romaine, condamné par Pilate, crucifié par les soldats romains.
Tout le reste, relève de la catéchèse C+ orientées et trop souvent exploitée à contre sens, pour nourrir et entretenir les pires préjugés.
Pour conclure, le combat de JI est loin d’être terminé et après son travail sur l’enseignement C+, il nous reste à combattre ce qu’il en est resté dans l’inconscient collectif.
Je vous remercie de votre attention










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