B'NAI B'RITH FRANCE

Bienfaisance, Amour fraternel, Harmonie. La plus ancienne association Juive humanitaire mondiale (1843)

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L’AMOUR FRATERNEL, planche de la loge Menachem Ben Salomon Ha Meiri


Lundi 16 Décembre 2013



L’AMOUR FRATERNEL, planche de la loge Menachem Ben Salomon Ha Meiri
L’AMOUR FRATERNEL

Allumons donc mentalement la sixième bougie ,celle du verbe noble et fraternel qui éclaire TOUT HOMME ,sans considération de caste ou de différence quelconque … !!

Voici un vaste sujet d’ordre éthique, religieux, philosophique que je ne prétends pas traiter in extenso, mais qui éveille de larges échos en nous, frères et sœurs de la loge Menachem Ben Salomon Ha Meiri.
De la fratrie de sang à celle du cœur et de l’esprit, de la fratrie imposée par la naissance, à celle choisie, voulue, l’expression de notre libre arbitre.

J’articulerai mon analyse de cette notion d’AMOUR FRATERNEL autour de 4 axes essentiels=

1 - Amour fraternel et B’nai Brith
2 - Amour fraternel et principes francs-maçons
3 - Amour fraternel et judaïsme
4 - Amour fraternel contrarié : les frères ennemis

Un terme de vibrations positives redoublées, qui nous est si familier dans notre fraternité BB, celle des fils et filles de l’alliance, de frères et sœurs, non par le sang mais par l’esprit et la communauté de destin, le destin de « l’homme juif ».
Une expérience inconnue pour moi sur le plan des liens du sang, car je suis fille unique et la notion de fratrie réelle m’est inconnue, mais une expérience réelle sur les plans de l’amitié, une des formes de l’amour fraternel de par mon appartenance à l’ordre du BB .Le BB constitue une grande famille pour les juifs qui y ont adhéré et une famille à laquelle j’ai désiré appartenir: ma nouvelle famille de cœur et d’idéal. Une histoire commune, un destin commun auquel j’ai souhaité me relier et le symbole de la corde de l’initiation est le symbole très clair de la chaine fraternelle d’alliance entre nous.

1 - Amour Fraternel au sein du B’nai Brith

Nous sommes les fils de l’ALLIANCE et les principes fondamentaux du B’nai Brith nous renvoient à l’idée d’une grande chaine fraternelle je vous rappelle brièvement ces principes fondateurs qui sont liés les uns aux autres=

Unité et pérennité du peuple juif
Bienfaisance
Amour fraternel
Harmonie

Etre B’nai B’rith c’est :
- Mettre en principe la plus haute loi morale juive "aime ton prochain comme toi-même".
- Laisser derrière soi les intérêts égoïstes, l’envie et l’orgueil.
- Prendre conscience de sa mission de juif et de la noblesse qu’ ‘elle confère.
- Etre intransigeant sur le chapitre de l’honneur pour les autres et surtout pour soi-même.
- Exalter la philanthropie et la solidarité humaine par son propre et constant exemple.
- S’efforcer de développer en soi et autour de soi la connaissance de l’homme et du judaïsme, les arts, les lettres et les sciences.
- Etre prêt à adoucir le malheur ou la souffrance de son prochain non seulement avec son cœur mais aussi avec sa présence.
- Etre animé de la volonté de servir.

- La bienfaisance et l’action humanitaire.
- Le développement de la culture juive.
- Le respect des droits de l’homme.
- La lutte contre le racisme et l’antisémitisme.
- Le soutien à Israël.
- La préservation et la transmission de la mémoire de la Shoah.
- La formation et l’encadrement de la jeunesse.

Liens, engagements, fidélité, loyauté, voici bien les principes qui animent toute fraternité innée ou acquise.


2 - Amour FRATERNEL =INCARNATION DES PRINCIPES ET RITUELS des loges franc –maçonnes=

Le premier principe en franc maçonnerie ‘en dehors de l’ASSISTANCE BIENVEILLANTE aux autres et à la société, et enfin la recherche de la VERITE) est bien l’Amour Fraternel ,dans la tolérance et le respect des opinions des autres ,la bienveillance et la compréhension.

Nos tenues en loge BB participent du même rituel d’origine à la création Aux Etats unis en 1843 du BB par des Juifs franc maçons.

L’agape conviviale qui précède nos travaux est une « cène » amicale et joyeuse de partage heureux !

La »tenue »peut, lorsque les conditions sont réunies, être synonyme de communion avec l’axe du monde et nous sommes en communion de cœur en résonnance avec chacun d’entre nous et avec le monde.
La planche même est l’expression de l’enrichissement de chacun par les travaux et les points de vue de l’autre .Nous écoutons avec attention, respect et amour le point de vue du frère ou de la sœur qui s’exprime .Pas de compétitivité, pas de culte de l’individualité. L’Agapé dans sa communion spirituelle demande un sacrifice de l’EGO.

Quel plus beau symbole de cet amour fraternel que nos mains enlacées pendant le rituel de la chaîne fraternelle, la chaîne d’UNION à la fin de nos travaux !.Chacun d’entre nous devient un humble maillon conscient de la Fraternité juive, et de l’alliance universelle. Nous sommes alors soudés les uns aux autres comme par la corde de l’initiation première.

C’est là que les sens du mot amour en Grec (laissons « EROS » amour charnel de côté !!)PHILIA et AGAPE/ Agapé s’incarnent dans leur plénitude :amitié et réjouissance mutuelle pour Philia et respect réciproque et altruiste pour AGAPE ,qui synthétise en un seul terme la notion de l’amour de Dieu et celle de l’Amour du prochain ,et même l’amour de son ennemi !
Chacun d’entre nous construit, aidé par ses frères et sœurs son temple intérieur et pour le groupe ,sa ‘Philadelphia « (cité de la « amour fraternel ,sa Loubavitch (=ville de l’amour fraternel » en Russe) !! même Perpignanaise.

Un humanisme tolérant ;adogmatique ,loin des fraternités idéologiques asservissant l’homme !
Tolérance,maître mot de l’amour fraternel.La discipline même qui régit nos réunions relève de cet amour ,de ce respect de l’autre, de cette nécessaire humilité. La fraternité nait de l’amour des autres mais est également étroitement liée aux concepts de liberté et d’égalité .Pas de vedettes ,pas de « gourou »Le silence nécessaire ,s’établit pour créer l’Espace de la PAROLE .Pas de foire d’empoigne :nous n’interrompons pas ,nous n’interpellons pas ! nous demandons la parole, loin du tintamarre du monde extérieur, loin !du « Bruit et de la Fureur ».Le but est bien donc le chemin !




RICHESSE NOBLESSE DIMENSION UNIVERSELLE DE L’AMOUR FRATERNEL
FRATERNITE du latin « fraternitas » »frater » :frère
Nous sommes des frères et sœurs volontaires ; Il existe entre nous un lien fort de parenté choisie
Un terme qui, dans ce monde d’individualisme forcené de conflits d’égos et d’intérêts féroces, de course au profit et au pouvoir, résonne de manière presque surannée, utopique et angélique. A l’égoïsme, au pragmatisme du chacun pour soi, s’oppose la solidarité fraternelle, de partage, les notions d’entraide, du « je est un autre », de l’attention à l’autre, de la compassion dans son sens premier de « souffrir avec »loin de l’amour narcissique de soi qui s’enivre de l’échange entre soi et soi.
« L’amour, sous toutes les formes, domine notre vie entière : amour filial, amour fraternel, amour conjugal, amour paternel ou maternel, amitié, bienfaisance, charité, philanthropie, l'amour est partout, il est notre vie même »disait George Sand
De l’amour de la famille à l’amour de l’humanité, ce même sentiment se dilate pour englober un nombre croissant de personnes.
L’amour, vraie richesse vitale, est un principe d’union et de cohésion universelle, un merveilleux principe pour sortir de soi ; la réciprocité est la loi de l’amour, l’amour exige l’amour. Bien sûr, ce n’est pas le langage des politiques, ni celui des financiers c’est celui des idéalistes, de ceux qui sont du côté du Bien ,du Bon ,des élans généreux.
Oui ! De toutes les formes d’amour, la plus importante, celle qui sous-entend toutes les autres, c’est l’amour fraternel. C’est cet amour dont nous parle la bible, puis le Christ lorsqu’il nous dit : "Aime ton prochain comme toi-même".
L’amour fraternel ne concerne pas uniquement ses frères et soeurs, il s’étend à tous les êtres vivants. À ce moment-là, il n’est pas seulement qu’une relation avec quelques personnes ; il consiste en une attitude, une orientation par laquelle on se sent relié au monde, comme faisant partie d’un tout.
Lorsqu’une personne n’aime que quelques-uns de ses proches et demeure indifférente vis-à-vis les autres, il ne s’agit pas d’amour fraternel, mais d’attachement. Si j’aime véritablement une personne, j’aime toutes les autres, j’aime le monde, j’aime la vie. Si je peux dire à une personne : "Je t’aime", je dois être capable de lui dire : "À travers toi, j’aime le monde et je m’aime également".
L’amour fraternel est un amour qui se vit entre gens égaux. Pour aimer ses semblables, il faut les considérer comme des égaux. Même si en tant qu’égaux, il y a des différences au niveau des besoins, ces besoins ne signifient pas que l’un soit puissant et l’autre, faible. Les aléas de la vie ne sont souvent qu’une condition transitoire.
L’amour que l’on porte à celui qui est faible, au pauvre ou à l’étranger, marque le début de l’amour fraternel. Aimer seulement ses proches, ses amis, ses compagnons de travail, n’est pas un accomplissement, car cela va de soi. L’amour fraternel ne commence réellement à s’épanouir que lorsqu’il concerne ceux qui ne remplissent aucune fonction à notre égard.
Dès qu’on se prend de compassion pour les faibles, les pauvres, les démunis, on s’ouvre à l’amour fraternel. Tout comme dans l’amour que l’on se porte à soi-même, on aime ceux qui ont besoin d’aide, les êtres fragiles, les déshérités, peu importe leur couleur de peau, leur nationalité, leur religion.
Aimer d’un amour fraternel, c’est être capable de considérer la terre comme son foyer et tous les êtres qui la peuplent, comme ses frères et soeurs. Amour fraternel, amour universel, « philanthropie » ou amour que les Stoïciens ont étendu à l’ensemble des hommes




3 - Judaïsme et amour fraternel

Critiques :
Selon les antisémites !! le judaïsme historique n'enseigne pas la fraternité humaine et ne recherche pas le bien-être de toute l'humanité. Durant la plus grande partie de son histoire, » le judaïsme a été une religion tribale consacrée seulement au bien-être de ses membres et méprisante pour tous les non-juifs, dont elle a régulièrement contesté l'humanité essentielle. C'est la religion d'un peuple spécifique, et leurs principes ont été passés au filtre d’un fort particularisme racial. »
Quant à la devise du B'nai B'rith: Bienfaisance, Amour Fraternel, Harmonie, elle s’applique UNIQUEMENT POUR EUX et ENTRE EUX . !!!!!

Ceci est totalement faux : La notion d’amour fraternel fait partie intégrante de l’éthique juive.
Par exemple, la plupart des commentateurs chrétiens s’accordent à dire ,que la perspective de la morale juive lutte contre la violence et que nulle part dans la Bible, ne figure l’injonction de haïr son ennemi Citons l’EXODE XXIII : »si tu rencontres le bœuf ou l’âne égarés de ton ennemi ,ramène les lui ; si ton ennemi a faim ,donne lui à manger ,si ton ennemi a soif ,donne lui à boire.la Torah gère la vie sociale et la loi du TALION si critiquée, n’est en fait qu’une mise en ordre du conflit ,une solution équitable qui ne lèse ni l’agresseur ,ni l’agressé.
.Selon la mystique juive, l’union, la solidarité et l’amour fraternel rapprochent du temps de la rédemption.
Bien que nous commencions par dire « Écoute Israël » au singulier, nous continuons au pluriel « l’Eternel est notre D. ». Il faut se demander pourquoi nous ne disons pas « l’Eternel est mon D. »? C’est que justement seul l’amour du prochain (Vayikra 19:18) nous amène à être unis à D. qui est notre D., le D. de chacun de nous, et Il est garant de la coexistence pacifique et de l’amour fraternel.
Toute l’histoire du peuple juif nous parle d’amour fraternel et de solidarité : en Egypte, » Israël a campé face au mont, comme un seul homme avec un seul cœur »et seule leur cohésion, leur solidarité les fera sortir triomphalement de tout esclavage, de toute forme d’oppression, ou d’exclusion. Comme pour l’humanité, la FRATERNITE est un gage de survie pour les Juifs.
Tous les Juifs sont garants les uns des autres » (Sanhédrin 27b; Chavouoth 39a; Chemoth Rabah 27:8). La garantie des uns envers les autres nous unit comme un seul corps, et alors, par la force des choses, nous sommes unis à D. qui est le lien entre tous les Enfants d’Israël. Atteindre une telle unité n’est possible que si chacun renonce à son égoïsme, s’il ne se contente pas simplement de déclarer qu’il aime son prochain mais ressent vraiment cet amour et cette communion au fond de son cœur et s’il est de tout cœur avec lui dans ses peines et dans ses joies.
L'amour du prochain dans la pensée juive : peuple singulier et universaliste !!
La tradition rabbinique raconte qu'un jour, un païen, désireux de se faire prosélyte, se présenta chez Hillel l'Ancien, célèbre maître du premier siècle après J.-C., et lui demanda de lui enseigner la Torah pendant qu'il allait se tenir devant lui sur une seule jambe, donc dans un temps extrêmement bref. Et Hillel de lui répondre : « Ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, ne le fais pas non plus à ton prochain ! Voilà toute la Torah ! Le prochain a été fait à la ressemblance de Dieu.
Toute la Bible hébraïque, donc notre « Ancien Testament », est pleine de préceptes et de recommandations dont l'objet est invariablement les relations avec autrui ? Que le commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », est la base de toute morale sociale, juive aussi bien que chrétienne, figure dans le Pentateuque {Lv 19\ 18 ; Dî 13, 7) ?
Le récit de la création du premier homme contient le principe fondamental sommes tous les enfants d'un seul Père, et que nous avons tous reçu une seule ressemblance et un seul sceau, qui est la ressemblance divine. Cela nous oblige à nous sentir solidaires les uns des autres en toutes choses, de même que nous sommes solidaires quant à la ressemblance divine. C'est pourquoi les hommes ne doivent pas se comporter avec orgueil l'un à l'égard de l'autre, ni se haïr les uns les autres.
Selon la Bible, plus tard selon l’évangile selon Saint Jean » Ceci est mon commandement Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés « l’amour du prochain est l’amour le plus pur, celui qui enveloppe réellement l’universalité des hommes, l’amour d’autrui, de ses semblables. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis, pour1 les siens.
Quelle noblesse que ce glissement du lien affectif entre des membres d’une même famille à l’amour désintéressé de l’autre, de l’étranger, du chrétien, pour le juif du musulman pour le juif et vice versa!
L’amour fraternel implique la notion de justice, d’égalité entre les êtres .Pas de hiérarchie entre les hommes, de « races inférieures », de sous êtres à exploiter, à nier, à massacrer dans un orgueil ethnocentrique dévastateur.
Antagoniste à la notion d’amour fraternel : la haine de l’autre, la violence barbare qui nie l’autre jusqu’à le détruire en lui refusant le statut de frère humain.

Dans son ouvrage de 1972, ô vous frères humains, Albert Cohen lance un émouvant et vibrant appel à l'humanisme !et nous narre le traumatisme de ses 10 ans à Marseille, l'histoire vécue et ressentie d'un petit garçon juif, à l'éternelle bêtise de l'antisémitisme. Dans ce très beau livre, et dans la langue et le style incomparable qui sont ceux d'Albert Cohen, l'auteur évoque comment le jour de ses 10 ans il a été victime d'un gamin antisémite, et sa prise de conscience douloureuse d'une différence qu'il n'avait pas encore ressentie. On est alors en 1905, et cette histoire doit encore être vécue par des enfants d'aujourd'hui. Dans ce livre intense, triste sans virer au pessimisme, Albert Cohen utilise la beauté de son écriture lyrique pour montrer la violence de sa blessure enfantine, lors de sa découverte de l'antisémitisme. Un beau livre, malheureusement encore d'actualité, qui fait réfléchir sur l'absurde de toutes les formes de racisme.

les écrivains de Baudelaire : »Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère « à François Villon dans sa superbe ballade des pendus nous parlent de ce « je est un autre« Frères humains qui après nous vivez N’ayez les cœurs contre nous endurcis Car si pitié de nous pauvres avez Dieu en aura plutôt de vous merci


Les principes, s'évanouissent devant la mort. Et l’on peut pleurer un frère non ou mal aimé car devant la mort, nous sommes tous des » frères humains »- Il est vrai que les frères imaginaires que l’on se choisit meurent hélas aussi. ! Mais l’amour est plus fort que la mort !!

4 - Les fratries contrariées ou les frères ennemis : ce sera le prochain volet de cette thématique sur la fraternité.

Une inimitié inscrite dans les gènes…Le thème des frères ennemis appliqué au conflit israélo-palestinien ?
De l’amour comme antidote à la haine, la violence barbare
« Je suis un homme, je suis juif je suis votre frère »dit l’homme de Kiev, à la fin de ce magnifique film, l’homme de KIEV de John Frankenheimer.
Que tous ses frères l’écoutent !

Ouvrons notre compas intérieur, symbole d’amour fraternel dessinons le cercle qui ouvre la voie de la connaissance ,de l’amour universel de l’harmonie

Ma dernière parole : un fraternel SHALOM

































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