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Bienfaisance, Amour fraternel, Harmonie. La plus ancienne association Juive humanitaire mondiale (1843)

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Freud ( 1856-1939) au B’nai B’rith


Lundi 17 Octobre 2011

Freud ( 1856-1939) au B’nai B’rith - par Alain Lellouch, mentor de la Loge Ben Gourion
Extrait d’une « planche » prononcée lors de la tenue fermée de la loge B’nai B’rith Ben Gourion du 21 06 2011, Mairie du XVIè Paris.
Freud fut "initié", à l’âge de 41 ans, le 23 septembre 1897 dans la loge Wein fondée dans la capitale austro-hongroise.



Freud ( 1856-1939) au  B’nai B’rith
Freud ( 1856-1939) au B’nai B’rith Freud fut "initié", à l’âge de 41 ans, le 23 septembre 1897 dans la loge Wein fondée dans la capitale austro-hongroise.

C’ était, à l’époque, un médecin ambitieux, marié, père de trois enfants qui s’était vu bridée, dans sa carrière hospitalo-universitaire et ses recherches médicales.

Après des expérimentations entreprises sur l’anatomie et la pathologie du cerveau, Freud fit le choix d’une installation en cabinet libéral marquant de l’ intérêt pour ce qui alors choquait : l’investigation psychologique, par hypnose, des hystériques souffrant de difficultés sexuelles.

Freud, bien qu’ athée et anti-religieux, fut marqué par la judaïcité familiale et se montra toujours fier d’être juif. Son rapprochement avec la communauté du B’nai B’rith de Vienne suivit de peu la mort de son père Jacob, en 1896.

Dans les années 1860-1870, comme de nombreux autres juifs germanophones, Freud avait d’abord cru possible l’assimilation dans le monde germanique grâce à la montée en puissance de la bourgeoisie et au développement des idées libérales des Lumières, allant de pair avec les valeurs de l’universalisme juif.

Il avait alors voulu troqué le prénom polonais Sigismond donné par son père en Sigmund, prénom à consonnance plus germanique.

Il avait souhaité aussi adhérer à une société de lecture germanique, Leseverein.

Mais à partir de 1870-1875 et surtout de 1880, à Vienne, réémerge un antisémitisme de plus en plus virulent.

Quand Freud décide de rejoindre le B’nai B’rith, en 1897, c’est un homme désillusionné qui sait que l’assimilation des Juifs n’est plus possible en Autriche–Hongrie.

La Israelitische Humanitäts–Verein Wien avait été fondée, deux ans plus tôt, par une cinquantaine d’intellectuels et de commerçants juifs viennois, le 23 10 1895, après la création des loges de Bielitz (Basse-Silésie), en 1889, Pilsen (Bohême) et Cracovie (Galicie), en 1892, puis celles de Prague, Reichensberg et Karlsbad, toutes en Bohême, en 1893-1894.

A Wien, Freud fut coopté avec pour parrain le frère Edmund Kohn, un gynécologue de Praque installé ensuite à Vienne.

Le président de Wien , à l’époque, était Ehrmann, un autre proche ami de Freud qui l’avait connu à l’université et avait travaillé, un temps, avec lui, dans son laboratoire

Durant les 10 premières années de sa vie de B'nai B'rith (1897-1905), Freud ne manqua aucune tenue, participa au Comité de la loge (son Bureau executif), présida le Comité des intérêts intellectuels (la Commission culture) et fut membre des Comités de la Paix et des Recherches.

Chaque année, Freud prononçait, au minimum, une intervention sur des thèmes généraux tels que les Buts et les moyens de l’ordre B’nai b’rith ou le rôle des femmes au B’nai B’rith.

De 1900 à 1902, Freud se montra un recruteur très actif et fut le père fondateur d’une seconde loge à Vienne, la loge Harmonie.

Pourtant, le fort antisémitisme ambiant et l’hostilité déterminée du clergé catholique ne permirent jamais l’implantation durable en Autrich-Hongrie ou en Allemagne du B’nai B’rith.

Ce fut à Praque que sera créée, en 1889, la loge district qui ne regagnera Vienne qu’en 1922, après la chute de l’empire et la fin de la seconde guerre mondiale.

Le Judisches Lexicon nous apprend par exemple qu’en 1928, le district autrichien comptait 6 loges regroupant 894 frères .. …

Les planches de Freud étaient très applaudies à Wien et, de 1897 à 1917, il en prononça 20 ; avant 1905, il lut, chaque année, ente 2 et 3 planches ; après 1905, la production se fit plus rare : une planche annuelle ou moins mais ceci n'était pas l'essentiel : Freud sut utiliser l'auditoire juif du B’nai B'rith pour diffuser, en avant-première, l’ensemble de son œuvre psychanalytique, avant son acceptation ultérieure par le monde non juif.

Dans les Registres de Wien, on a retrouvé les titres et les thèmes de ces planches.

Malheureusement, leur contenu ne nous a pas été conservé mais il s’avère très vraisemblable que la plupart des textes de ces planches furent incorporés, plus tard, par Freud, aux très nombreuses publications qui balisent son immmense production psychanalytique …..

L’interprétation des rêves (planche d’initiation lue les 7 et 14 décembre 1897), La Psychologie de l’oubli (1899), La vie spirituelle de l’enfant (1900), Hasard et superstition (1901), La physiologie de l’inconscient (1905), La Psychologie au service du Droit (19 mars 1907) et Uber den Witz : Au sujet des Plaisanteries (2 novembre 1907), Au sujet du narcissisme et Histoire du mouvement psychanalytique ((1914), Nous et la mort (1915), Fantaisie et art (1917). On trouve, dans ces thèmes, l’essentiel de ce qui deviendra le corps de doctrine psychanalytique … …..

A Vienne, l’arrivée des Juifs de l’Est (Hongrie,Galicie) et l'antisémitisme consécutif contribuaient à faire rejeter encore plus ces concepts novateurs jugés trop dérangeants (certains les qualifieront même d'obscènes parce qu’émanant d’un juif ... ).

De 1905 à 1920, une fois le terme de psychanalyse créé en 1904, lors d’un voyage de Freud aux Etats Unis, Freud voudra institutionnaliser la nouvelle science.

Il n’aura alors de cesse que de s’interroger sur la pratique de la cure, sa méthode, ses indications, ses limites, sa fin et les modalités de formation des psychanalystes.

Durant toute cette période, les liens avec le B’nai B’rith se font plus lâches et les planches prononcées dans l’association, se feront moins .

Freud consacrera alors l‘essenteil de son énergie à faire accepter par le monde non juif ce qu’il appelle avec fierté la nouvelle science psychanalytique …

Durant une dernière période (1920-1930), Freud élaborera sa « seconde topique » : ce sera la description des instances du fonctionnement de l’appareil psychique, avec ses trois instances (le moi,le ça et le surmoi ) et la mise en avant de la pulsion de mort s’opposant à la libido, pulsion de vie.

Après 11 ans d’absence, Freud, en 1928, âgé de 72 ans et atteint d’un cancer mutilant de la mandibule décida de revenir au B’nai B’rith : sa dernière planche de 1928 s’intitula La superstition chez les Juifs ….

Après sa mort, en 1939, le B’nai B’rith de Vienne poursuivra, sans relâche, le soutien accordé de son vivant à l’illustre « frère » .

En 1969, à l’ initiative du B’nai B’rith fut créée une Société Sigmünd Freud à laquelle fut associée la fille de Freud,Anna …

Grâce au B’nai B’rith de Vienne, la tombe des parents Freud fut également remise en état et le B’nai B’rith prit à sa charge le devoir de rendre possible une renaissance de Freud en Autriche…..

Article rédigé par Alain Lellouch, mentor de la Loge Ben Gourion









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