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Conférence sur le Yiddish à la région Provence Midi-Pyrénées Var


Lundi 16 Novembre 2015



Conférence sur le Yiddish à la région Provence Midi-Pyrénées Var
Dans le cadre de la Journée Européenne de la Culture  Juive, le B'nai B'rith  de la région Provence Midi-Pyrénées Var a organisé, comme chaque année, une manifestation à Marseille qui a eu lieu le dimanche 20 septembre à 17h. Sur le thème des "Ponts", la Commission Régionale Patrimoine avait choisi de travailler sur les langues créées et parlées par les Juifs en diaspora.  Ecrites en caractères hébraïques, inspirées en partie des langues sources, ces langues ont connu des destins différents. A côté du Chuadit, judéo-provençal, au destin éphémère, le Ladino, judéo- espagnol, se répandit, en même temps que ses locuteurs se réfugiaient dans l'Empire Ottoman. Mais la place d'honneur revient sans conteste au Yiddish.
Michel Liebermann, rabbin et futur président de la loge Louis Kahn Eran Picard spécialiste de la langue et de la culture Yiddish, accepta de nous présenter une étude sur sa langue natale. Tâche difficile, devant un public pour la plupart séfarade. Mais à Marseille, tout le monde connaît Michel Liebermann, sa verve, sa culture, son humour. Le public fut  nombreux, plus de soixante personnes. Michel Liebermann  évoqua d'abord les origines linguistiques du Yiddish, langue de fusion, son ancienneté, (déjà parlée sous le règne de Charlemagne), son expansion (11 millions de locuteurs à la veille de la  2ème guerre mondiale).Dans une 2ème partie, Michel Liebermann   montra la lutte de  la Haskala pour éliminer le Yiddish, considéré comme un jargon, "langage de bègues", langue des pauvres. " La corruption langagière aboutit à la corruption morale" pensaient les maskilims. La Haskala, mouvement qui luttait pour l'émancipation, pour la promotion des masses juives, prônait la disparition du Yiddish, langue du shtettel, remplacé par l'Allemand. 
Moïse Mendelssohn fut le premier à traduire la Thora  en Allemand. Dans les deux dernières parties de l'exposé, Michel Liebermann   essaya de déterminer les limites du Yiddish, langue littéraire ou   jargon ? C'est en Russie que la littérature Yiddish émergea avec Shalom Aleichem. Pour Isaac Bashevis Singer, le Yiddish  reste  la langue d'une littérature mineure. Il lui dénie toute prétention à l'universalité. A la question "et maintenant ?" Michel Liebermann répondit " C'est une autre conférence". Mais il signala ces poétesses non juives qui écrivent en Yiddish en Amérique du sud, ces  comédiens non juifs qui animent le théâtre yiddish de  Varsovie, et bien sûr l'engouement pour les mélodies et les rythmes Klezmer, âme du Yiddishland.
Elise Leibowitch
Responsable de la commission Patrimoine de la Région PMPV








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